Un cabinet « black-blanc-beur » aux commandes de la France

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Confier des portefeuilles ministériels aussi importants, dont l’Éducation à une Française d’origine marocaine, la Justice à une Guadeloupéenne, la Culture à une d’origine coréenne et l’Outre-mer à une autre Guadeloupéenne, relève de l’inénarrable! Un tabou de moins en France! 

Équation diversité

Personne ne peut nier que la variable diversité pèse lourdement dans la constitution de ce deuxième gouvernement Valls (16 ministres, 17 secrétaires d’État) approuvée par le président François Hollande qui avait, rappelons-le, déclaré, lors de l’annonce officielle de sa victoire, qu’il est le président de toute la diversité de France.

En effet, sur commande du président, le premier-ministre Manuel Valls a recruté ses challengers dans un bassin de talents qui tienne compte de la France plurielle. Un staff dont l’image rappelle celle de l’Équipe de France de football (1998) surnommée « black blanc beur », voire celle de 2014 de Didier Deschamps, a fait remarquer l’Agence de presse Médiamosaïque. 

Des femmes brillantes

Aux timons des fonctions les plus importantes de l’État français, (Voir dans l’ordre qui suit sur notre photo): Najat Vallaud-Belckacem, née au Maroc et émigrée en France à l’âge de 4 ans. Avant, elle a été la porte-parole du pouvoir sous la gouverne de l’ex-PM Jean-Marc Ayrault et ministre des droits de la Femme et des Sports sous Valls I.

Inamovible à la Justice, Christiane Taubira a maintenu son portefeuille et survécu aux changements de cabinet effectués sous la présidence Hollande. Son secret: une question de résultats! Elle est la femme qui a permis au président de respecter un de ses engagements de campagne, savoir, le brûlant dossier « mariage pour tous ».

Quant à Fleur Pellerin, née en Corée en 1973 et adoptée par des parents français, elle est, à l’instar de Najat Vallaud-Belckacem, à son troisième portefeuille au sein de ce régime de gauche. Kim Jong-Suk, de son nom de naissance, a d’abord été responsable du Numérique, du Commerce extérieur et présentement en charge de la Culture et de la Communication.

George Pau Langevin n’est pas non plus une nouvelle recrue. Cette avocate, née à Pointe-à-Pitres en 1948, députée de Paris de 2007 à aujourd’hui, a d’abord été ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale en 2012 avant de se voir confier le portefeuille des Outre-mers dans le gouvernement Valls I (le 26 avril 2014). Un poste qu’elle conserve sous Valls 2.

À noter que chacune de ces quatre femmes pèse plus que le premier-ministre en termes de fortune ou de patrimoine. Si Manuel Valls ne compte que 93 000 euros, George Pau Langevin vaut quasiment un million avec ses 986 000 euros déclarés officiellement, Christiane Taubira est riche de 415 000 euros,  Fleur Pellerin 248 000,  alors que la ministre de 36 ans Najat Vallaud-Belckacem boucle la boucle avec ses 142 000 euros.

Réactions au Québec

« Une femme noire responsable de la justice, une femme asiatique responsable de la culture et une femme arabe responsable de l’éducation. Vive la France ! », s’est exclamé sur son compte Facebook un militant bien connu au Québec (où l’on suit de près ce qui se passe en France), Fo Niemi, du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CARR), qui n’en croit pas à ses yeux.

La diversité a été stupéfaite, en revanche, de voir la composition quasiment monocolore du cabinet de Philippe Couillard dont le parti (PLQ) avait récolté un vote massif dans les communautés culturelles notamment en raison de l’hostilité d’une majorité de celles-ci à la Charte des valeurs du Parti Québécois .

À la lumière des faits, à part le MICC qui a changé de nom, il y a lieu d’y voir du recul. À l’Assemblée nationale, la présence de la diversité (qui a été plus que rachitique avec seulement trois députés afro-québécois – Emmanuel Dubourg, Yolande James et Maka Kotto- et la seule d’origine maghrébine Fatima Houda-Pépin), a fondu comme du beurre.

Une situation qui, semble-t-il, n’a pas dérangé officiellement personne, même si en coulisses, certains responsables d’organismes, œuvrant dans la diversité, ont déploré, off de records, le fait que le député de Bourget, Maka Kotto (Parti québécois), soit la seule minorité visible actuellement à l’Assemblée nationale.

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