Sarkozy paie la «dette de l’indépendance» à Haïti (17 milliards d’euros)

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Les 90 millions de francs or (évalués aujourd’hui à 17 milliards d’euros), exigés par la France à Haïti après son indépendance pour dédommager les anciens colons de Saint-Domingue, seront remboursés par l’Hexagone, a appris l’Agence de presse «Média Mosaïque». Cependant, cette annoce n’a été qu’un vrai canular.

Haïti/France/Dette de l’indépendance: le site du Quai d’Orsay cloné

À la surprise de plus d’un, malgré l’hésitation des détenteurs actuels du pouvoir à Port-au-Prince à faire une telle réclamation auprès de Paris, le gouvernement français a profité du 14 juillet (fête nationale française) pour annoncer la restitution de ces fonds à ce pays détruit le 12 janvier dernier par un tremblement de terre qui avait fait environ 300 000 morts, avait laissé croire le site fraduleux www.diplomatiegov.fr, un clone du portail officiel de la diplomatie française.

 

Versements annuels pendant 50 ans

«En vertu de l’Accord-cadre pour la reconstruction d’Haïti dévoilé ce jour par le Ministère des Affaires étrangères et européennes, la France rendra les 90 millions de francs or qu’elle avait exigés de la part d’Haïti pour le dédommagement des colons, à la suite de son indépendance, au début du dix-neuvième siècle», ont annoncé les pirates qui ont réussi à berner bon nombre de rédactions locales, nationales et internationales.

Le remboursement de ces 17 milliards d’euros à Haïti est toutefois échelonné sur une période de 50 (cinquante) ans «sous forme de versements annuels». Paris annonce qu’«un budget de 2 millions d’euros sera débloqué dès la fin du mois (de juillet 2010)», a lu dans une vidéo une femme qui se fait passer pour la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

 

L’«initiative audacieuse» de Paris

Estimant qu’il s’agit jusqu’ici de «l’initiative la plus audacieuse pour dégager des fonds» en vue de la reconstruction du pays, les auteurs du canular ont ajouté que le gouvernement français, par cette décision donne le coup d’envoi «d’une nouvelle ère de coopération entre la France et Haïti».

«Certains diront que le contexte actuel de crise financière internationale n’est pas le meilleur moment pour un plan aussi ambitieux. Mais c’est justement dans une telle situation, alors que nous sommes déjà en train de revoir notre système financier, que nous nous devons de revenir à nos valeurs fondamentales : « Liberté, égalité, fraternité». Celles-ci doivent devenir les piliers de l’économie mondiale si nous voulons cette fois-ci nous assurer que les Haïtiens puissent, eux aussi, bénéficier de la prospérité économique», des propos attribués faussement au ministère de Bernard Kouchner.

 

L’empreinte d’Aristide

À noter que, le crédit d’une telle réclamation revient à l’ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide, déposé en 2004 et actuellement exilé en Afrique du Sud. Ce dernier s’était attiré les foudres du gouvernement français, dirigé alors par le couple Chirac/Villepin, qui avait systématiquement refusé d’envisager le bien-fondé de cette requête ultra médiatisée durant son deuxième mandat inachevé.

Nicolas Sarkozy, issu pourtant de la même famille politique (droite) que son prédécesseur Jacques Chirac, est, non seulement le premier président français à fouler le sol d’Haïti (quelques semaines après le séisme), mais aussi celui par qui, si c’était vrai, l’ex-colonie saurait recouvrer cette somme dont le versement a été préjudiciable au développement de la jeune nation au 19e siècle.

 

Rappel des faits (Histoire) 

Indépendante le 1er janvier 1804 après avoir vaincu les troupes de Napoléon Bonaparte, Haïti n’avait jamais été reconnue officiellement par la France. Menacé d’invasion à répétition par l’ex-métropole qui possédait à l’époque la plus grande armée au monde, le nouveau pays avait dû consacrer la quasi-totalité de son budget à la guerre.  

Pour accepter un tel état de fait, en 1825, Charles X avait exigé du président haïtien de l’époque, Jean-Pierre Boyer, le paiement de 150 millions de francs or, renégociés plus tard à 90 millions, l’équivalent au taux du jour de (21 milliards US), pour dédommager les anciens colons qui exploitaient l’Île. Certains historiens estiment d’ailleurs que cette dette a fait d’Haïti la nation la plus sous-développée des Amériques.

 

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PHOTOS MEDIAMOSAIQUE.Com/Cr Reuters (En haut, à gauche Nicolas Sarkozy, à  droite la carte géographique d’Haïti. En bas, accompagné de l’actuel président haïtien René Préval, le chef d’État français était en visite à Port-au-Prince le 17 février 2010)