Quand les Italiens répondent intelligemment aux stéréotypes

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Le niveau d’intégration de la communauté italienne dans les différentes sphères de la société québécoise est très avancé et n’est plus à démontrer. Contrairement à d’autres communautés qui s’implantent à peine, qui ont de gros soucis en ce sens, les Italo-Québécois se sentent chez eux au Québec et s’y épanouissent.

«Sous cet angle-là, l’intégration, nous on ne la sent plus. On est là chez nous. On est une partie intégrante de cette société. C’est déjà quelque chose qui a été accompli», a estimé le président du Congrès national des Italo-canadiens (région Québec), Antonio Sciascia, lors d’une entrevue accordée à l’Agence de presse Médiamosaïque.

Sciascia, de poursuivre, «l’intégration, une fois chose du passé, la priorité est ailleurs. À partir du moment que nous avions franchi cette étape préliminaire, ce qui importe maintenant, c’est de faire découvrir aux Québécois la qualité, la profondeur de notre culture en leur montrant des choses, par exemple, comme l’opéra, la mode, le design, la littérature, la chanson…»

 

Inverser la tendance positivement

Pour y arriver, il importe de proposer aux médias qui, ordinairement, se gargarisent de stéréotypes, autre chose à vulgariser. «Le défi consiste à montrer une image complètement différente de celle que nous recevons tous les jours dans les médias, la Semaine italienne de Montréal en est un bon exemple.»

«C’est notre façon à nous de changer les perceptions, de faire savoir aux Québécois que les Italiens sont impliqués dans des choses qui aident l’environnement immédiat dans lequel ils évoluent qui est la société québécoise et qu’ils sont fiers de s’impliquer dans ces choses-là», a poursuivi les responsable de la branche québécoise du CNIC.

 

La sempiternelle «bêtise» des médias

Antonio Sciascia ne comprend toujours pas pourquoi les médias refusent d’évoluer au même rythme que la société qui, elle, est dynamique. Parce que souvent, se plaint-il, «l’image qui nous identifie dans les médias c’est une image du passé, une image fondée, assise sur des stéréotypes et bien d’autres communautés sont également victimes également de ça.»

«C’est vraiment des images dépassées, des images qui ne reflètent pas la réalité quotidienne. On prend un élément qui représente une fraction vraiment minime de ce que nous sommes et puis on le généralise à l’ensemble de la communauté en laissant penser au public que tout le monde est pareil. C’est vraiment la plus grosse bêtise commise par les médias», a accusé Siascia.

Le No 1 du Congrès national des Italo-canadiens (région Québec) se dit bien des fois déçu. «Souvent, on voit des titres dans les journaux qui n’ont aucun sens. On parle d’un café italien, un café qui est là depuis cinquante ans… quand est-ce qu’il sera québécois? On n’est pas en Italie quand-même? », s’est-il demandé.

À son avis, «entre les lignes, on fait passer sournoisement un message à travers juste un café où un pépin s’est peut-être produit et voilà toute l’image de la communauté, tout ce que réalise cette communauté, c’est inacceptable!», a-t-il dénoncé.

En clair, si l’on paraphrase les propos de Me Siascia qui défend du bec et des ongles les acquis de sa communauté d’origine, cette manière de faire, ce traitement inéquitable des médias envers les Italo-Québécois n’est qu’une vue de l’esprit. Ce n’est pas la vérité, ce n’est pas de la science, ce n’est pas, non plus, de l’objectivité.

 

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PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com (Le président du Congrès national des Italo-canadiens (région Québec), Me Antonio Sciascia, en ses bureaux sur la rue St-Laurent dans la Petite Italie à Montréal)