Haïti au menu d’un tête-à-tête Lawrence Cannon/Kerline Joseph

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De retour d’un séjour de trois jours en Haïti, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s’est entretenu sur la réalité d’Haïti avec la présidente de Voix Sans Frontières, Kerline Joseph. Dans ce texte qu’elle a soumis à la rédaction de l’Agence de presse «Média Mosaïque», Mme Joseph nous fait un compte-rendu de sa rencontre avec le chef de la diplomatie canadienne.

Le séjour de trois jours en Haïti, du 5 au 7 mai 2010, s’est avéré humainement éprouvant pour le ministre des Affaires étrangères qui s’est montré préoccupé vis-à-vis du sort de la plupart des victimes du tremblement de terre qui continuent à vivre dans des camps de fortune, et ce, quatre mois après la catastrophe.

Une situation qui ne fera qu’empirer avec l’arrivée imminente de pluies et d’ouragans. Pour endiguer cette menace, les coordonnateurs sur place exhortent les occupants des camps, qui disposaient d’un toît avant le désastre, à retourner au bercail dans les plus brefs délais : 40% sont dans ce cas.

Tout en refusant de porter un quelconque jugement sur le rythme des opérations, M.Cannon s’interroge sur le sort des 60% d’Haïtiens restant à relocaliser et qui étaient, majoritairement, des locataires. Le besoin criant de terrains et d’abris, notamment, peut constituer un frein aux opérations. Il est important de mentionner que le Canada n’a plus une présence prédominante sur le terrain. Son remplaçant, la Corée du Sud, s’assure actuellement de la coordination des opérations de relocalisation.

Le ministre a tenu à rappeler l’intention du Canada de demeurer un partenaire important dans la reconstruction d’Haïti. L’emphase est mise sur la sécurité dans le pays, qui a connu une première concrétisation par la construction d’une nouvelle prison devant respecter les normes minimales internationales.

Le ministre dit toutefois être conscient que la sécurité dans le cadre de la reconstruction d’Haïti ne peut être complètement efficace, sans prendre en compte la condition des femmes. D’ailleurs, durant son séjour de trois jours en Haïti, il a continuellement interrogé les autorités à cet égard et compte s’assurer qu’il y ait un suivi serré de cette réalité : il faut éviter que les femmes haïtiennes soient doublement victimes à la suite de ce tremblement de terre qui a été catastrophique pour le pays et son peuple.

Lawrence Cannon rappelle que les sociétés qui ont été capables de se relever ont reconnu une participation active des femmes comme un élément essentiel. L’Afghanistan semble présenter un exemple éloquent, car il y a été permis aux filles de retourner à l’école et d’intégrer des institutions qui leur étaient autrefois interdites.

Le ministre conclut son entretien en souhaitant qu’Haïti se relève rapidement et dignement pour occuper, dans le futur, une place de choix sur le plan économique et international, à l’instar de son voisin la République Dominicaine. Cela nécessite le support de la communauté internationale, mais également de la diaspora haïtienne.

Le premier ministre haïtien, Jean-Marc Bellerive, semble déplorer le manque de participation véritable de la diaspora haïtienne et l’absence d’un plan concret pour exhorter celle-ci à s’engager activement, efficacement et majoritairement à la reconstruction de son pays d’origine. Cet élément essentiel méritait d’être soulevé notamment lors de la Conférence internationale du Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti nouvelle qui s’est tenu les 20 et 21 mai 2010 à l’École Polytechnique de Montréal, avait fait valoir le ministre Lawrence Cannon. La devise d’Haïti, «L’union fait la force», met en lumière les bénéfices à tirer d’une aide massive et concertée de la diaspora haïtienne.

*Contactez la présidente de Voix Sans Frontières au (450) 845-1535

 

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PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com (Kerline Joseph, présidente du regroupement de femmes Voix Sans Frontières, à gauche et le ministre des Affaires étrangère du Canada, Lawrence Cannon, à droite)