Étudier au Québec: gain pour Haïti, déficit en vue pour les Dominicains

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Pourquoi payer aussi cher en République Dominicaine quand les étudiants haïtiens, qui sont nombreux à se former en territoire voisin, peuvent se procurer un diplôme universitaire de meilleure qualité (standard nord-américain) et en français au Québec? C’est ce qui ressort grosso d’une publication signée François Jean-Denis, un professionnel montréalais qui se spécialise dans le domaine de l’immigration au Canada.

220 millions de dollars US par année

Les étudiants haïtiens dépensent annuellement la rondelette somme de 220 millions de dollars US en République Dominicaine, a révélé M. Jean-Denis qui se réfère aux chiffres publiés par la Banque Centrale Dominicaine qui, dans un rapport émis récemment, établit également à 20 500 le nombre des étudiants haïtiens en sol dominicain, ce qui représente 73.5% du total des étudiants étrangers dans ce pays, lit-on dans ce document soumis en exclusivité à l’Agence de presse Médiamosaïque.

Ces Haïtiens, qui sont obligés d’étudier dans une langue différente de la leur à Saint-Domingue, auront « accès (au Québec) à un  réseau d’universités bien établies» qui se classent «parmi les meilleures au monde» , a-t-il précisé,  en citant notamment  les quatre universités francophones (Université de Montréal, UQAM, Université de Sherbrooke, Université du Québec comprenant 10 établissements), les trois universités anglophones (Mc Gill, Concordia, Bishop’s) et les deux écoles affiliées de l’Université de Montréal (HEC & École Polytechnique).

Option Québec: rapport qualité/prix

En termes de coûts ou rapport qualité/prix, François Jean-Denis soutient que les Haïtiens gagneront au change comparativement aux volumes des transferts comptabilisés par la Banque Centrale Dominicaine. «Les frais de scolarité au Québec sont parmi les plus faibles en Amérique du Nord.  Le gouvernement du Québec consacre 7,7% du PIB à l’éducation. Ce taux est supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE», a comparé M. Jean-Denis qui est aussi le patron de l’entreprise Vision Max Services professionnels en immigration qui exploite trois bureaux à Montréal, à Ottawa et à Port-au-Prince.

«Il n’y a pas de comparaison à faire entre la République Dominicaine et le Québec, la province francophone du Canada. En plus d’étudier en français et dans des universités de renommée mondiale, aucune université en République Dominicaine n’est aussi bien cotée», a  poursuivi le consultant agréé, qui croit que l’offre du Québec  est «une opportunité à saisir» étant donné que l’étudiant haïtien peut, au terme de ses études, faire une demande d’immigration au Québec.

Autre facteur, et non des moindres, l’environnement québécois non hostile, comparativement à celui de Saint- Domingue où les Haïtiens font souvent l’objet de dérives racistes, a fait remarquer l’expert qui évoque la garantie d’une bien meilleure intégration en raison de la présence de plus d’un demi-siècle de la communauté haïtienne au Québec.  Les statistiques ont d’ailleurs révélé, en 2014, qu’Haïti est le pays qui dispose de la plus grande diaspora à Montréal, tassant ainsi l’Italie qui caracolait en tête dans le palmarès des Montréalais nés à l’extérieur du Canada.

Pistes de solution et suggestions

Enfin, si le No un de Vision Max Services se dit convaincu que les possibilités d’étudier au Québec laissent clairement présager un gain pour Haïti et une fuite certaine de capitaux pour la République Dominicaine, il ne nie pas cependant que cela constitue une solution partielle, voire un Plan B à la faillite actuelle du système éducatif haïtien. Il a toutefois proposé des pistes de solution qui éviteraient de tels départs massifs d’étudiants haïtiens vers l’étranger.

François Jean-Denis suggère notamment à l’État haïtien d’«améliorer les structures des universités haïtiennes» et de «rapatrier les compétences pour un meilleur développement national».  À la société civile haïtienne, il évoque l’urgence de «créer d’autres universités pour accueillir les bacheliers pour éviter qu’ils se fassent humilier chez leurs voisins (dominicains)», tandis qu’aux parents, à qui il souhaite de privilégier l’Amérique du Nord, Jean-Denis les presse sérieusement de «réfléchir avant de choisir l’option de la République Dominicaine».

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