HAÏTI: Trouver une autre option aux études en République Dominicaine

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Un certain nombre d’études ont été faites autour du système éducatif haïtien, cependant très peu ont jusque-là contribuer à juguler la crise. Face au laisser-aller de l’État et de la société civile, la population se livre à un sauve-qui-peut, d’où le recours à un Plan B en République Dominicaine.

Mal conseillées, bon nombre de familles fortunées ou issues de la classe moyenne consentent à défrayer les coûts de ces études dans l’autre partie de l’île, alors qu’elle pourraient obtenir mieux et à meilleur prix au Québec où vit d’ailleurs l’une des plus importantes diasporas d’Haïti en terre étrangère.

Dans le texte soumis en exclusivité à la Rédaction de l’Agence de presse Médiamosaïque, l’expert et consultant agréé en immigration François Jean-Denis s’est penché sur la question. Il a amené les faits, fait ressortir les difficultés, suggéré des pistes de solution et insisté sur l’option Québec.

*Par François Jean-Denis

HAÏTI: Trouver une autre option aux études en République Dominicaine

1. Les faits

Depuis quelque temps, le flux migratoire des étudiants haïtiens ne cesse de s’accroitre. Et le nombre est de jour en jour imposant. La crise socio-économique qui persiste et la faillite du système éducatif haïtien sont entre autres certaines causes de cette migration massive de ces jeunes haïtiens sur le sol dominicain.

Chiffrés à 20 500, les étudiants haïtiens (Universités et écoles professionnelles) représentent, selon un rapport de la Banque Centrale Dominicaine, presque les trois quarts (73.5%) du total des étudiants étrangers en République Dominicaine et sont, en fonction de leur filière d’études, repartis comme suit :

•  (49%) est en Médecine et en Sciences Infirmières ;
•  22% en Génie (civil, informatique, industriel, etc.) ;
• 15% en sciences administratives et tourisme ;
• 14% restant éparpillé dans d’autres carrières ;

Leurs dépenses annuelles s’élèvent à  plus de USD 220 millions dont seulement 30% sont alloues aux affaires académiques. Cette somme représente 14% des 1.6 milliards de dollars d’envois de fonds officiels de la diaspora enregistres par la BRH. On sait très bien que ce montant ne représente même pas la moitié des transferts des émigrants haïtiens.

2. Les difficultés

Malheureusement, ces futurs professionnels sont très souvent livrés à eux-mêmes sur cette terre étrangère où la représentation diplomatique haïtienne est presque fantomatique. Les dominicains ne voient jamais leurs voisins haïtiens de bon œil, particulièrement ceux qui, par la force des choses se sont obligés à installer chez eux.

Discrimination, humiliation, haine, abus, marginalisation, déportations arbitraires, violences physiques et morales……le quotidien de certains étudiants haïtiens en République Dominicaine est un véritable cauchemar.

-Être étudiant haïtien en RD exige une forte maitrise de soi, une fouge inébranlable, un courage de fer;
-Être étudiant haïtien en RD, c’est être victime de la méchanceté, de l’ignorance et de la barbarie de certains policiers dominicains ;
-Être étudiant haïtien en RD, c’est accepter de s’asseoir chaque jour aux côtés du dominicain qui le prend très souvent comme son inférieur ;
-Être étudiant haïtien en RD, c’est accepter d’être tout le temps ironisé par le dominicain quand vous ne maitrisez pas trop bien certains mots espagnols.

3. Les pistes de solution
 Au niveau de l’état haïtien
a) améliorer les structures des universités haïtiennes pour éviter ce départ massif vers la République Dominicaine ;
b) rapatrier les compétences pour un meilleur développement national.
c) lutter pour le respect des droits des étudiants haïtiens en gardant  un droit de regard sur ses étudiants en terre étrangère ;
d)  établir une politique d’intégration des étudiants et universitaires vivant à l’étranger.

 Au niveau de la société civile
 Attirer l’attention des dirigeants sur ce problème jusqu’à ce qu’il soit résolu ;
 Créer d’autres universités pour accueillir les bacheliers pour éviter qu’ils se fassent humilier chez leurs voisins.

 Au niveau des parents
  Réfléchir avant de choisir l’option de la République Dominicaine ;
  Suivre l’évolution de vos enfants et effectuer plus souvent des visites au campus pour avoir une bonne idée de la réalité.
  Opter davantage vers l’Amérique du nord, notamment le Québec au Canada

4. Quid de l’Option Québec ?

En optant pour le Québec au lieu de la République Dominicaine,  un étudiant haïtien bénéficie des avantages suivants :

a) Il a accès à un  réseau d’universités bien établies :
 4 universités francophones (Université de Montréal, UQAM, Université de Sherbrooke, Université du Québec comprenant 10 établissements)
 3 universités anglophones (Mc Gill, Concordia, Bishop’s)
 2 écoles affiliées (HEC & École Polytechnique)

b) Il a l’opportunité d’évoluer dans des universités de  renommée  mondiale :

 McGill se classe au 17erang parmi les meilleures universités du monde (QS World University Rankings 2011/12)
 
 HEC Montréal se classe au 15erang parmi les meilleures établissements offrant un programme de MBA hors des États-Unis (BusinessWeek, 2010)
 
 Université de Montréal: figure au 137erang parmi 700 universités dans le monde (QS World University Rankings 2011/12)
 
Montréal, une ville universitaire importante

• Première ville au Canada quant au nombre de diplômes universitaires décernés
• Première ville au Canada quant au nombre de diplômes qui sont décernés aux étudiants étrangers
• Deuxième ville en Amérique du Nord quant au nombre d’étudiants universitaires par habitant
 

c) Les frais de scolarité au Québec sont parmi les plus faibles en Amérique du Nord.  Le gouvernement du Québec consacre 7,7% du PIB à l’éducation. Ce taux est supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

Bref, il n’y a pas de comparaison à faire entre la République Dominicaine et le Québec, la province francophone du Canada. En plus d’étudier en français et dans des universités de renommée mondiale (aucune université en République Dominicaine n’est aussi bien cotée), un étudiant haïtien a la possibilité d’immigrer au Québec où les haïtiens représentent la communauté la plus nombreuse. C’est une opportunité à saisir !