Aida Kamar dit NON à la diversité dans la marginalité

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Évoquant la situation des artistes québécois issus de l’immigration, la présidente de «Vision Diversité», Aida Kamar, a plaidé pour que ceux-ci aient aussi le privilège d’être «au cœur de la culture québécoise». Car, l’exclusion, dit-elle, n’est profitable à personne, et aux artistes et à la province du Québec.

«Au nom des artistes, on n’a pas le droit de baisser les bras, on n’a pas le droit de les confiner dans des événements marginaux. Il faut qu’ils soient au cœur de la culture québécoise, c’est dans nos grands événements québécois et montréalais qu’ils doivent prendre leur place», a fait valoir Mme Kamar en entrevue à l’Agence de presse Médiamosaïque.

Note de passage de «Vision Diversité»

Elle dit noter qu’il y a des petits pas qui se font. «Des diffuseurs commencent à ouvrir leurs portes, en faisant de leur mandat un souci de leur faire une place. Les premiers pas du Conseil des arts commencent à se faire montrer, le Conseil des arts du Québec commence lentement à faire des pas», a-t-elle jugé.

Cependant, loin d’être satisfaite de ces petits signaux, elle réitère ce message : «aujourd’hui, nous qui croyons que la diversité constitue une force, avons besoin plus que jamais de notre vigilance. C’est un cheminement qui est long, mais on va y arriver. Je considère que c’est notre bataille à nous tous».

L’UNESCO recommande d’investir dans la diversité

S’appuyant sur le dernier rapport émis par l’UNESCO qui recommande aux États d’investir dans la diversité, Aida Kamar croit que les autorités fédérales, provinciales, municipales, du Canada, ne sauraient nager à contre-courant du momentum pro-diversité qui devient aujourd’hui planétaire.

D’ailleurs, pour lancer la programmation spéciale conçue par son organisme pour la «Fête nationale» du Québec, elle avait non seulement choisi la date du 21 mai qui est «la journée internationale de la diversité», mais fait venir de Paris le «coordinateur éditorial du Rapport mondial de l’UNESCO sur la diversité culturelle», en la personne de Frédéric Sampson.

Abolition du CRI

Réagissant, par ailleurs, à l’abolition du Conseil des relations interculturelles (CRI) dans le cadre du dernier budget adopté par l’Assemblée nationale, la présidente de «Vision Diversité»  estime que «c’est très triste et dommage» l’adoption d’une telle mesure par le gouvernement du Québec.

«Il n’y a aucun organisme qui soutient la diversité aboli qui puisse être positif. J’espère que le ministère (de l’Immigration et des Communautés culturelles) saura prendre les gens, les effectifs qui sont particulièrement intéressants au sein de ce Conseil et leur donner une place et un rôle au sein même du ministère, parce que c’est vraiment important», a commenté Aida Kamar.

Diversité: «richesse» ou «source d’instabilité»?(UNESCO)

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