À peine 1% des riches haïtiens achètent dans leur communauté

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Difficile de faire progresser les affaires dans la communauté haïtienne de Montréal face à un tel constat! C’est, en tout cas, l’avis du PDG de «Mon 1er Services immobiliers» dans une entrevue qu’il accordée à l’Agence de presse Médiamosaïque.

Ce serait pas un comportement isolé

Selon Sully Mompremier, qui se passe de présentation dans la communauté haïtienne en matière d’immobilier, «les gens (Haïtiens) qui gagnent un salaire annuel de 75 000 à 100 000 dollars et plus ne consomment pas dans leur communauté».

«Ces gens-là, qui ont un gros pouvoir d’achat, malheureusement, achètent ou font affaire avec les autres et non pas dans leur communauté, quel que soit le domaine, toutes catégories socioprofessionnelles confondues», a-t-il déploré.

À son avis, il ne s’agirait pas d’un comportement isolé. «Le problème affecte sérieusement tout le monde, que ce soit un agent d’immeuble, un garagiste ou tout autre professionnel évoluant dans la communauté haïtienne», a-t-il illustré.

Motifs avancés par ces riches

Questionné par Mediamosaïque sur les raisons qui seraient à la base d’une telle attitude, le PDG du groupe «Mon 1er Services immobiliers» énumère une série de prétextes, «fallacieux», à son avis, souvent évoqués par ces gens.

Il cite notamment «le complexe de ces gens» qui ne sont pas forcément obligés d’acheter un produit offert par un compatriote, «vu que ce même produit est disponible ailleurs», dit-il. Certains osent dire que «les Haïtiens ne sont pas sérieux et mettent tout le monde dans le même sac», a-t-il critiqué.

Avec un peu d’ironie, Sully Mompremier ajoute que ces riches de la communauté haïtienne «prétendent qu’ils peuvent trouver des gens compétents, des professionnels comme eux autres» dans la société d’accueil.

Une communauté difficile à fidéliser

Selon lui, l’entrepreneur haïtien arrive difficilement à se faire une niche, étant donné qu’il perd d’avance des recettes qui pourraient provenir notamment de la part de ces gens fortunés.

Autre constat, a-t-il évoqué, contrairement à d’autres communautés totalement hermétiques, la communauté haïtienne est perméable aux vendeurs de toutes origines, qu’ils soient québécois de souche, arabe, latino, asiatique, africaine, etc…

S’il ne s’oppose pas à cette ouverture naturelle des Haïtiens, Mompremier estime cependant que cela constitue un exemple qui prouve, une fois de plus, que l’entrepreneur haïtien doit consentir, pour survivre, énormément d’efforts.

Les médias doivent dénoncer l’attitude de ces riches

Il trouve «regrettable» le fait que cet état de fait ne soit pas «dénoncé par les médias qui desservent la communauté haïtienne». Car, de l’avis de l’homme d’affaires, cette communauté qui, numériquement est imposante, pourrait l’être économiquement.

Il déplore le fait que l’on ait plus tendance «à ne parler que politique» dans ces médias alors que les nouvelles économiques ou les affaires sont le plus souvent reléguées au second plan ou tout simplement rayées de leur programmation.

Car, une communauté ou un pays ne saurait avancer si l’on n’accorde pas une attention soutenue aux affaires, insiste-t-il. L’entrepreneur croit qu’il faut commencer par conscientiser les gens afin qu’ils puissent consommer, dit-il, intelligemment.

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PHOTOTHÈQUE MÉDIAMOSAÏQUE (Le PDG de «Mon 1er Services immobiliers, Sully Mompremier, en ses bureaux, en entrevue à l’Agence de presse Médiamosaïque)