La « mauvaise cote » des bureaux de crédit révélée au grand jour (PUBLICATION)

80

MONTRÉAL – Si ces agences s’autorisent le droit d’attribuer une fiche ou une cote de crédit à chaque consommateur au Canada, elles sont pourtant loin d’être au-dessus de tout soupçon. C’est ce que révèle, en tout cas, le tout dernier ouvrage de Sylvain Paquette qui démystifie leurs pratiques peu orthodoxes à travers « La face cachée des bureaux de crédit ».

M.Paquette, qui a travaillé pendant plus d’une quinzaine d’années dans le milieu du financement, dénonce le contrôle abusif exercé par « Trans Union » et « Equifax » qui s’approprient et qui définissent à leur manière l’historique de crédit de chaque consommateur.

 

Flou légal et statut de ces agences

« Il existe très peu de lois qui régissent le fonctionnement de ces bureaux de crédit…Ces agences de renseignements ont le monopole de l’information », a vivement critiqué Sylvain Paquette qui était accompagné de son éditeur Yves d’Avignon lors de cette entrevue exclusive que lui a accordée l’Agence de presse Médiamosaïque.

Sylvain Paquette évoque le statut même de ces agences pour leur récuser la moindre légitimité.  » Ce ne sont pas des organismes gouvernementaux. Trans Union et Equifax, c’est des compagnies privées au même titre qu’un club vidéo qui est à côté de chez vous mais qui détient une information tellement capitale », a comparé l’expert.

 

Peu de rigueur versus droits quasi illimités?

M. Paquette révèle que  » 80% des fiches de crédit comportent des erreurs « . Une des conséquences basiques d’un tel écart pourrait, par exemple, coûter le droit au logement à un consommateur au cas où un propriétaire déciderait de consulter le dossier de crédit de ce dernier, malmené, à tort, par une information erronée.

Il dénonce également le fait de pouvoir disposer du relevé de son compte de banque sur minute alors que, paradoxalement, tout un processus complexe et onéreux s’impose quand il s’agit d’obtenir son  historique de crédit.

 

Comment les contester?

À son avis, le système actuel, qui est inacceptable dans une démocratie, permet à  » ces bureaux de crédit (de se comporter) en juges et parties « . Un tel arbitraire va même jusqu’à laisser croire au consommateur, dit-il, qu’il ne peut contester des informations erronées qui entacheraient son dossier de crédit.

Ce qui est faux, a-t-il prévenu. Dans  » La face cachée des bureaux de crédit « , Sylvain Paquette se propose de simplifier la tâche aux citoyens. Il expose la procédure que doit suivre tout consommateur lésé souhaitant entamer des recours auprès du bureau d’Accès à l’information.

Voir la vidéo de l’entrevue

 

PHOTOTHÈQUE MÉDIAMOSAIQUE (En haut, à droite, Sylvain Paquette, l’auteur de « La face cachée des bureaux de crédit »,  en compagnie de l’éditeur de l’ouvrage, Yves d’Avignon, à gauche, à la salle de conférence « Espace Andalousie » de l’Institut culturel Vues et Voix)