Jacques Saada: «la diversité ne se mesure pas, elle se vit»

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – C’est le prototype d’une personnalité publique ayant dédié son cheminement professionnel, voire sa vie, au service du bien commun. Un simple coup d’œil sur la somme des portefeuilles, des mandats, des dossiers, pilotés, tant sur le plan national, que sur le plan international, campe le profil du personnage qui demeure malgré tout d’une ouverture et d’une simplicité désarmantes.

En effet, malgré les multiples postes et fonctions occupés par l’intéressé, tout le rayonnement qui est le sien, l’ex-ministre fédéral canadien, Jacques Saada, est d’une extrême humilité. Et si une preuve était nécessaire, sa manière à lui d’accueillir la nouvelle de son accession au prestigieux palmarès de la 7e Cuvée du Top 20 de la Diversité le confirme.

Marié à Nicole, père de quatre enfants et grand-père de douze petits-enfants, ce Canadien d’origine juive, né en Tunisie, qui préside actuellement les destinées de la Communauté séfarade unifiée du Québec (CSUQ), est aussi connu pour être un leader cherchant, d’abord et avant tout, à pacifier les gens.

On lui doit ses démarches en vue d’un rapprochement entre Juifs et Palestiniens sous le thème de la Francophonie, entre Canado-Pakistanais et Canado-Indiens alors que leurs pays d’origine étaient en guerre. Il a, dans la même veine, cherché à protéger les minorités chinoises victimisées en Indonésie, obtenu le retour de la Croix-Rouge au Chiapas en 1998 et facilité les dossiers de réunification familiale au Canada lors de la crise du Kosovo.

Friand d’inter-culture, de passerelles ou de cohabitation entre les communautés d’origines diverses, M. Saada tire le meilleur de l’humain en butinant autant chez les Molson, les Saputo, les Bronfman que chez les Joshua Bengio, ou encore les Kim Thuy ou Dany Laferrière. Prêchant par l’exemple, via un événement annuel, il contribue à rapprocher des gens en permettant aux non-membres de la communauté juive de mieux découvrir celle-ci et vice-versa.

Trois Questions au Lauréat JACQUES SAADA:

1-Vos réactions à chaud par rapport à une telle nomination au Grade de Personnalité de l’Année 2019?

Réponse :
D’abord la surprise. Puis le sentiment très chaleureux que procure cette nomination. Puis l’humilité de constater qu’elle signifie l’inclusion dans une famille comportant tant de noms prestigieux.

2-Comment vous décririez l’impact de vos actions sur l’ensemble de la société québécoise et canadienne ?

Réponse :
Inspiré d’une vision humaniste et confiante de notre société et du monde, j’ai tenté, avec des bonheurs divers, de rassembler ceux que les origines avaient fait naître séparés, misé sur l’éducation et la connaissance pour détruire des préjugés, animé par la conviction profonde que, dans notre nouvelle patrie, il ne fallait surtout pas reproduire ce qui pouvait nous séparer dans nos pays d’origine. Que la fierté de nos identités ne pouvait s’épanouir que dans l’ouverture à celle des autres. Une société juste, ce n’est pas une société qui exclut; ce n’est pas non plus une société qui se contente de tolérer. Une société juste, c’est une société qui respecte.
C’est dans cet esprit que, à titre de ministre ou de député, j’ai travaillé (malheureusement sans succès) à l’intégration d’Israël et de l’Autorité palestinienne à la Francophonie, que j’ai tenté de prévenir les stigmates qui seraient inévitables après les événements du 11 septembre 2001, que j’ai rapproché Canadiens d’origine pakistanaise et indienne alors que la guerre faisait rage entre leurs pays d’origine, que j’ai obtenu une présence juridique civile en Indonésie pour protéger les minorités chinoises qui y étaient victimisées, que j’ai obtenu le retour de la Croix-Rouge internationale au Chiapas en 1998, que j’ai travaillé à une foule de dossiers de réunification familiale, notamment pendant la crise du Kosovo, que j’ai facilité la construction du centre communautaire islamique de Brossard, etc.
C’est dans cet esprit qu’à titre de président de la Communauté juive de la Rive-Sud, je fais en sorte que nos activités soient source de rapprochement interculture. À titre d’exemple, notre gala annuel réunit des élus, des membres du clergé catholique, les coprésidents du Centre communautaire islamique de Brossard, le consul général d’Israël, des dirigeants communautaires chinois, etc. À telle enseigne qu’on a fait remarquer l’originalité d’une situation où, à une activité juive, les non-juifs étaient largement majoritaires.
C’est cette société juste à laquelle j’espère avoir contribué.

3- Votre regard sur la diversité et son importance pour la société québécoise et canadienne ?

Réponse :
Comment répondre à cette question sans tomber dans le cliché? Par où commencer? Par Ezechiel Hart, élu à la chambre d’assemblée du Bas-Canada en 1807 dans les conditions qu’on connaît? Par ces immigrants d’Europe ou d’Asie qui, au fil des générations ou très récemment, ont fait fortune et dont les fondations alimentent nos universités, nos centres de recherche, nos institutions artistiques, culturelles ou communautaires. Je pense à Gina Parvaneh Codi. Je pense aux Molson, aux Saputo, aux Bronfman. Aurais-je dû commencer par Joshua Bengio, grand spécialiste de l’intelligence artificielle, prix Turing 2019? Ou par ceux qui ont marqué les arts et la littérature, comme Kim Thuy ou Dany Laferrière? Ou par les pionniers de la Nouvelle-France et leurs descendants? Définir l’importance de la diversité, c’est déjà la réduire un peu. Notre diversité ne se décrit pas. Elle ne se mesure pas. Elle se vit.

BIOGRAPHIE Hon. Jacques Saada, C.P.

L’hon. Jacques Saada illustre le rêve nord-américain. Né en Tunisie, adolescent en France, il immigre au Canada comme jeune adulte. Il s’épanouit dans plusieurs carrières très diverses : enseignant et administrateur scolaire, linguiste, PDG d’un cabinet de traduction, consultant en développement international, homme politique.

Sa vie publique est d’abord marquée par la présidence d’une commission scolaire sur la Rive-Sud de Montréal, puis par la présidence de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada. Élu à la Chambre des Communes en 1997, il occupe diverses responsabilités, notamment secrétaire parlementaire du solliciteur général du Canada et président du comité de défense conjoint États-Unis-Canada.

En 2003, sous le mandat du T.H. Paul Martin, il occupe tour à tour quatre ministères : Leader du Gouvernement à la Chambre, Réforme démocratique, Développement économique et Francophonie.

Il quitte la politique en 2006 et devient PDG de l’Association québécoise de l’aérospatiale. Auteur d’une autobiographie et d’un roman, il contribue à l’élaboration du plan stratégique économique de l’Organisation internationale de la Francophonie.

II siège actuellement au conseil d’administration de l’aéroport de Saint-Hubert, et préside la Communauté juive de la Rive-Sud et la Communauté sépharade unifiée du Québec.

Il s’est vu décerner de nombreuses distinctions : Commandeur de l’ordre de la Pléiade, Médaille du Jubilé de la Reine, Ambassadeur de la Faculté des sciences humaines de l’UQAM, Prix de la Fondation Émergence, etc. De plus, à l’occasion du 150e anniversaire du Canada, il a été reconnu comme l’un des cent-cinquante Canadiens ayant le plus marqué l’histoire des rapprochements interculturels au Canada.

L’Hon. Jacques Saada est marié à Nicole. Ensemble, ils ont quatre enfants et douze petits-enfants.

(VIDÉO) – La 7e Cuvée du « Top20 de la Diversité » à la une de l’actualité! À Radio-Canada, on en fait état à l’émission «Gravel le matin». Cliquez en-dessous!

Une vue panoramique de la salle au lobby de la Tour Deloitte
Plusieurs des Lauréats de la 7e Cuvée pose avec le parrain et la marraine
La mosaïque officielle de la 7e édition du Top 20 de la Diversité

GROS PLAN – 7e TOP 20 – 7e MosaïCocktail

7e Top20 Diversité: le Prestigieux MosaïCocktail affiche COMPLET

Chanel et Arol à la barre de l’animation du 7e MosaïCocktail

Top20Diversité: Un parrain et une marraine pour la 7e Cuvée

Grande révélation du 7e Top20 Diversité au Prestigieux MosaïCocktail