France/Québec: les Québécois toujours plus friands des vins de la Provence (CONSOMMATION)

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Elle a le mistral et les cigales. La pétanque et la détente. Du vin de qualité aussi …Peut-être, parce qu’elle est la première région touristique au monde ; et que ses saveurs et ses odeurs caressent le palais autant que le soleil de la garrigue chatouille le serpolet, les vins de la Provence envahissent les  chaumières québécoises à grands coups de tire-bouchon.

Une année toute en dentelle pour la Provence

Un bonheur ne vient jamais seul : à celui d’être l’une des seules régions de France à  traverser le recul de la consommation française de vins sans grands dommages s’ajoute,  à en croire les chiffres de la SAQ, un avenir prometteur pour les vins de Provence au Québec.

Pour ce début d’année financière 2009, les ventes des vins ont connu de belles avancées. En avril, on observe, une croissance de près de 10% en volume et de 15% en valeur par rapport à l’année d’avant. Avec une augmentation de près de 33% en volume et en valeur par rapport à 2008, le mois de mai fait honneur aux cépages de la Provence. La tendance s’est maintenue pour le mois de juin avec une légère hausse de près de 2% en volume et 3% en valeur, a appris l’Agence de presse «Média Mosaïque».

La Provence couchée sur un lit de rosé

«Il fait mal à la tête», disait-t-on, il n’y a pas si longtemps. Plus maintenant! Résultat : le rosé est la nouvelle coqueluche des amateurs de vin. Une étude réalisée l’automne dernier dans 114 pays producteurs et consommateurs pour Vinexpo par l’Institute of Wine and Spirit Reserve prévoit que la consommation de vin rosé devrait augmenter de 59% d’ici 2012.

Spécialiste historique des Rosés, la Provence dédie près de 88% de sa production annuelle de vin à cette catégorie. Issu d’un savoir-faire ancestral, le Rosé «Made in Provence» tend à se différencier par son authenticité. Très impliquée dans la bataille du coupage du vin, Valérie Lelong la responsable communication export du Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence (CIVP) confie à demi-mots que «des producteurs issus d’ailleurs trompent les consommateurs en mélangeant du vin blanc au vin rouge.»

Histoire de vins, histoire d’hommes

«Le bon vin réjouit le cœur de l’homme», dit l’adage. «Les vins de Provence racontent des histoires d’hommes», répond Valérie Lelong dans un sourire malicieux. Des histoires d’amour avec la terre.  Des histoires de famille sur fond de legs ancestraux. Des histoires d’amitié entre des passionnés de raisins… Amour, héritage, amitié : «les paysans de la Provence confectionnent des vins de terroirs avec leurs âmes, s’exclame Valérie Lelong. Là est toute la différence!» 

L’homme en symbiose avec la nature : les Québécois connaissent bien. La chaleur humaine des Provençaux : les habitants de la Belle Province l’apprécient depuis plus de 400 ans. De la qualité et de la modernité, il en faut dans un secteur aussi concurrentiel. Un-je-ne-sais-quoi de convivialité assure durablement le succès.

Consommatrices d’aujourd’hui, consommateurs de demain

Les vins de Provence bénéficient d’une réputation qui ne cesse de grandir. Une stratégie marketing s’impose cependant «pour déjouer les règles de la concurrence» nous avoue Valérie Lelong. Une vaste opération de communication se déroule cet été dans les rues de  Montréal jusqu’au 15 août. En se baladant par exemple au centre-ville, au Vieux-Port ou sur la rue Saint-Laurent, il n’est pas rare de croiser des unités de la «Guérilla marketing»  dont la mission est de promouvoir les vins de Provence  auprès des Montréalais.

«De plus en plus, ce sont les femmes qui achètent les vins» nous confie Valérie Lelong. En misant sur des packagings toujours plus élégants et en augmentant la production de vins biologiques, les agriculteurs de Provence réinventent leur approche de la vente. Les gloss « Vins de Provence » offerts durant la campagne estivale confirment cette volonté de bichonner une clientèle qui se féminise.  

Les jeunes québécois ne sont pas en reste. Selon Valérie Lelong du CIVP, «ils n’attentent plus d’avoir la trentaine pour acheter du vin». Peu familiarisés cependant avec le rituel de l’apéritif, ils consomment le Rosé surtout entre le mois de mai et octobre. La grande priorité est de «dessaisonaliser la consommation du rosé» rajoute Valérie Lelong.

Aujourd’hui le Québec, demain l’Ontario, après-demain le monde… Qui sait? Pour l’heure, un verre de Pétale de Rose bien mérité!