Pauline Marois s’engage pour la promotion du français

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – L’ancienne première ministre est devenue la présidente de la campagne de financement de la Fondation pour la langue française.

Complètement apolitique même s’il s’agit d’une initiative de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), cette fondation existe depuis un an avec comme unique objectif de faire la promotion du français dans la population, et ne vise aucune revendication. Elle est co-présidée par l’ancien directeur du Parti libéral, John Parisella et le président général de la SSJB, Maxime Laporte.

Les 5 millions de dollars que l’organisme tentera d’amasser au cours des deux prochaines années serviront essentiellement à financer des projets d’intégration à la culture québécoise [pour les immigrants] et à des campagnes de promotion du français comme langue commune notamment dans l’espace public.

Pour Mme Marois, qui a tenu une conférence de presse lundi matin pour lancer la campagne, il est bien sûr essentiel que le gouvernement prenne toutes les mesures nécessaires pour protéger le français, mais il est aussi important de voir les citoyens afficher leur volonté de s’approprier leur langue. Elle pense notamment aux jeunes, qui ont des préoccupations moins grandes à ce chapitre.

L’ex-première ministre dit avoir lu de la première à la dernière page le dernier rapport de l’Office de la langue française sur la situation linguistique au Québec, publié en avril dernier. Elle s’inquiète du risque de l’indifférence chez les jeunes, puisque le rapport soulignait notamment que les jeunes francophones sont de plus en plus indifférents au fait de ne pas être servis en français.

Les jeunes « souhaitent qu’il existe le respect de tous les peuples du monde », et c’est compréhensible, avance Mme Marois, qui ajoute que le français fait aussi partie de cette biodiversité qui doit être protégée.

Je pense qu’il faut amener les jeunes à réfléchir à ce fait. À l’importance de la diversité des langues, à la richesse d’une langue que l’on possède bien, qui permet d’organiser notre univers.Pauline Marois

Questionnée sur le Bonjour, Hi, Pauline Marois pense qu’il ne faut pas nécessairement agir par une loi, car on sait que ce serait compliqué. Elle a cependant aussi affirmé que le gouvernement avait la possibilité d’intervenir dans le secteur de l’affichage et dans le secteur de la langue de travail.

« Le français a été un choix pour ma famille. Mon père est né en Italie, ma mère c’est une Irlandaise et j’ai fait essentiellement mes études en anglais. Je vis, je travaille et je rêve en français », a pour sa part déclaré John Parisella, lui aussi présent lors de la conférence de presse.

Les activités de la fondation

Des vidéos qui font la promotion du français circulent déjà sur Internet, dont quelques-unes mettant en vedette l’auteur Dany Laferrière.

D’autres, qui visent à conscientiser le milieu des affaires, affirment qu’il est possible d’utiliser le français comme langue de travail dans ce domaine. La fondation dit souhaiter plus particulièrement sensibiliser les membres des chambres de commerce, ainsi que les nouveaux et les futurs entrepreneurs.

La fondation tente également d’amener des sportifs de haut niveau à s’exprimer un peu en français quand ils font des sorties publiques.

Elle soutient de plus l’essor des communautés francophones à l’extérieur du Québec.

Par ailleurs, le Carrefour interculturel de francisation et d’immersion vise l’apprentissage du français et une meilleure connaissance de la culture québécoise chez les immigrants, grâce à des rencontres d’échange et la participation à des activités ludiques, comme le théâtre ou la visite historique de quartiers de Montréal.

La fondation lancera officiellement sa campagne de financement lundi soir, lors d’une réception à laquelle seront présents le premier ministre François Legault et le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette. Des représentants d’autres formations politiques à Québec et à Ottawa doivent aussi assister à l’événement, ainsi que des membres des milieux d’affaires et communautaires.

La campagne, qui a déjà amassé 2 millions de dollars, vise les grands donateurs. Pauline Marois affirme cependant qu’une campagne grand public sera lancée dans un prochain avenir. 

Médiamosaïque avec Radio-Canada