Les Maghrébins refusent de travailler au Québec

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Une voix discordante s’élève dans la communauté maghrébine pour rendre celle-ci responsable du taux de chômage qui l’affecte au Québec.

En effet, la présidente de l’Association des jeunes professionnels maghrébins (AJPM), Yasmine Allul, a jeté un pavé dans la mare en affirmant que ce sont «les Maghrébins (qui) refusent de travailler» au Québec.

En se positionnant ainsi, elle écarte d’emblée la thèse du racisme sur laquelle s’appuient bien des Maghrébins pour justifier ce taux de chômage inacceptable (avoisinant officiellement les 30%) dans une société aussi riche que le Québec.

Le choix de ne pas travailler: comment?

«Les Maghrébins viennent-ils au Québec pour chercher de l’expérience et des diplômes (principalement) pour avoir un meilleur emploi dans leurs pays d’originepar la suite?», s’interroge Yasmine Allul.

De l’avis de cette jeune Québécoise d’origine marocaine « (les Maghrébins) viendrai(en)t ici pour le passeport et l’éducation « (à l’)américaine » à peu de frais. On ne viendrait pas ici pour faire sa vie…et encore moins pour
s’intégrer.»

Des faits justifiant sa sortie

Pour étayer son point de vue, Yasmine Allul, ingénieure de formation, bossant actuellement pour «Aéoroport de Montréal», s’est référée notamment à deux événements qui se sont déroulés au mois d’octobre 2008 à Montréal.

«♦ 4 octobre 2008, l’Association des jeunes professionnels marocains organise un événement avec une dizaine d’entreprises canadiennes qui recrutent (pour de vrais postes) et à peu près 150 participants viennent déposer leurs CV.

♦ 11 octobre 2008, une dizaine d’entreprises marocaines viennent à Montréal pour « supposément » recruter, près de 2000 personnes viennent déposer leurs CV», arévélé Mme Allul dans une lettre publiée dans «Maghreb Canada Express» et dont des extraits sont diffusés par l’agence de presse Médiamosaïque.

Chômage lié au racisme des Québécois?

Évoquant sa propre situation, elle confie avoir eu le privilège de choisir des emplois qui correspondent à ses goûts au cours des trois dernières années, balayant du coup le prétexte souvent brandi par certains immigrants qui se plaignent de ne pas pouvoir trouver des jobs liés à leur formation professionnelle.

«Tous ces postes sont affichés publiquement (site internet, jobboom, journaux, …) et pratiquement aucun Maghrébin n’applique sur ces postes. Comment ça se fait ?… faut-il cogner à la porte de mes compatriotes pour leur dire de soumettre leur candidature?», a martelé la Marocaine.

Elle suggère aux Maghrébins de faire à l’instar des Québécois. «Tout le monde sait que la majorité des emplois au Québec se fait par contacts et par réseautage. Les québécois s’impliquent dans différents organismes pour se faire connaître…

C’est facile d’envoyer des CV par emails, et… c’est normal de ne pas avoir de réponses. C’est une bonne excuse pour dire qu’il n’y a pas de job et que les Québécois sont racistes. Ce n’est pas cela une vraie recherche d’emploi.»

Elle condamne «la quête de la facilité»

«Ce que je comprends, c’est que les Maghrébins cherchent à avoir tout facilement.Allez voir sur les forums post-immigration, vous allez rire…», a confié Yasmine Allul.

«La majorité des questions sont du genre, « après combien de temps après mon immigration, vais-je toucher l’aide sociale? », « est-ce que c’est facile de travailler au noir pour ne pas payer d’impôt? »»

Nuances et défis à relever

«Je sais qu’il ne faut pas généraliser, car beaucoup de Maghrébins n’ont pas de chance et qu’ils ont tout fait pour travailler, mais n’y arrivent pas. Je sais aussi que d’autres réussissent bien, s’intègrent bien et sont des modèles pour les nouveaux arrivants.

Malheureusement, ces gens-là, on les oublie et au lieu de se concentrer sur comment aider les « vraies » personnes qui n’ont pas réussi et valoriser ceux qui réussissent, on chiale, on crie au loup et on ne fait rien», a-t-elle conclu.

(Photo) Logo de l’AJPM et Yasmine Alloul