Effet Calgary? Un Maghrébin élu à la tête du parti «Vision Montréal»

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Coup politique ou opération calculée de marketing? En tout cas « Vision Montréal » passe à l’action en élisant nul autre qu’un Montréalais issu de l’immigration, en la personne de Monsef Derraji, à la présidence de ce regroupement politique. Le geste, dont la portée symbolique est significative, a été posé lors du conseil général du parti tenu le 24 octobre dernier au Centre culturel et sportif de l’Est.

 

Virage diversité ou effet Calgary ?

L’élection de Derraji, a-t-elle été influencée par le timing des Calgariens? Ces derniers avaient élu, cinq jours plutôt, soit le 19 octobre 2010, pour la première fois dans une grande métropole au Canada, un maire d’origine musulmane, en l’occurrence, Naheed Nenshi, un jeune universitaire de 38 ans. La question est loin d’être anodine…

Opportunisme politique ou pas, ce choix fait par « Vision Montréal » va tout de même en droite ligne avec la leçon des Calgariens qui ont sonné l’alarme à travers le Canada. Une nouvelle qui avait surpris et les tenants du statu quo conservateur envers la diversité, tant au pays que dans le reste de l’Occident.

À la décharge toutefois de Louise Harel, l’actuelle chef de «Vision Montréal». Mme Harel a toujours tenu, rappelons-le, un discours pro-diversité, que ce soit dans un passé récent en tant que députée (Parti québécois) maintes fois réélue dans le comté d’Hochelaga/Maisonneuve ou depuis son irruption sur la scène municipale montréalaise, a noté l’Agence de presse «Média Mosaïque».

 

Un choix, un message, dictés par une réalité…

En effet, pour le parti fondé par l’ex-maire Pierre Bourque, le choix d’une telle personnalité au sein de l’exécutif de ladite formaton politique municipale fournit un indice clair de « son engagement en faveur d’une reconnaissance de la diversité montréalaise ».

« Plus d’un Montréalais sur trois est issu de l’immigration alors que le conseil de ville et la fonction publique montréalaise sont encore bien loin de refléter cette réalité », a insisté la chef de Vision Montréal, Louise Harel, qui avait proposé lors de la campagne électorale de 2009 d’adopter, en cas de victoire, la mesure «Iso-diversité». Un instrument dont le mandat serait d’évaluer le poids de la diversité et de vérifier là ou celle-ci tarde à être équitablement représentée au sein de l’administration municipale ou dans les organismes para-municipaux.

Dans la même veine, il faut préciser qu’il n’y a pas que M.Derraji à siéger présentement dans l’état-major dudit parti. D’autres représentants issus de minorités, dont Soraya Martinez, de la communauté latino-américaine, Michael Vadacchino, de la communauté italienne, ont été élus respectivement au rang de directrice générale et d’administrateur de « Vision Montréal ».

 

Profil de M.Derraji

En ce qui a trait au background de Monsef Derraji, un communiqué de «Vision Montréal», esquissant son profil,  le décrit comme un «Montréalais d’adoption, diplômé du MBA de l’Université Laval. Citoyen engagé dans l’action humanitaire et les politiques publiques, Monsef Derraji est notamment le président fondateur du Congrès maghrébin au Québec. Il a aussi œuvré à titre de secrétaire général de l’Association des jeunes professionnels marocains.»

« En plus d’être un membre actif du conseil d’administration du regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec depuis 2010 et membre de la commission politique de Montréal du Parti libéral du Québec, Monsef Derraji œuvre dans le domaine pharmaceutique depuis huit ans », a rappelé la note du parti reçue par courriel à la rédaction de l’Agence de presse «Média Mosaïque».

 

 

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PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com/ Cr C.Ayotte (À droite, Louise Harel, visiblement heureuse d’accueillir l’arrivée du Montréalais Monsef Derraji -à gauche- au sein de la haute hiérarchie de la formation politique dont elle est la chef, en l’occurrence, Vision Montréal)