(VIDÉO) « Protestant » et fier de sa culture vaudou? (MÈSI BON DIEU)

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – La religion protestante, qui a bercé mon enfance et mon adolescence, m’a toujours inspiré du rejet envers tout ce qui se rapporte au vaudou ou à la culture traditionnelle haïtienne. Cependant, le fait de refouler constamment cette partie de moi-même n’y tient plus en tombant par accident sur cette magistrale interprétation d’Alex Boye (Voir Vidéo en bas).

Boye, qui est un Américain, né en Angleterre, de parents nigérians (l’Afrique est sans doute notre tronc commun), ne peut être plus Haïtien que moi. Sa sensibilité de s’approprier cette chanson «lakou», de l’interpréter, en plus, en créole, m’ont fait peut-être découvrir, comme l’avait affirmé récemment un pasteur protestant connu dans la communauté haïtienne de Montréal, Dr Jean Fils-Aimé, le «vaudouisant» en moi.

Je viens de le dire, mais je suis même un tantinet déstabilisé, tellement, dans mon confort idéologique ou dans ma foi de protestant, d’«enfant de la promesse (né au sein de l’église)» sans être pour autant un orthodoxe, à savoir que, tout ce qui fait référence au vaudou, au «rasin», aux «loas», à «pétro», à «congo», à «legba», provient de Satan ou du diable.

Il n’est nullement de ma pensée d’affirmer que l’Occident (qui nous a amené le Christ ou la Bible dans le Tiers-monde) m’aurait dénaturé ou enlevé une partie de mon identité d’Afro-descendant, né dans les Caraïbes, vivant au Canada, depuis plus d’une dizaine d’années. Cependant, on ne peut mentir à soi-même. Je sais qu’il y a beaucoup de croyants qui diront que c’est incompatible, qu’on ne saurait lier christianisme et folklore haïtien, mais je préfère le choix de la transparence. Voilà pourquoi je pose la question: peut-on être « protestant » et fier de sa culture vaudou?

Je ne suis pas un adepte du «vèvè» ou de tout autre signe lié au vaudou. Ma foi en Dieu reste et demeure inébranlable, soyez en certains! Cependant, je sais qu’il y a des milliers de gens qui, comme moi, ressentent cette même fierté en regardant ce clip d’Alex Boye ou en visionnant cette vidéo d’une chorale universitaire américaine interprétant, encore une fois, une chanson tirée du vaste répertoire de la chanson traditionnelle haïtienne.

J’ai tendance à admettre, comme, avait souvent l’habitude de dire, un de mes anciens profs, que « cette infirme partie de moi-même est encore moi-même ».

Par Donald JEAN

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