Une vue du PQ sur l’Islam: l’édito d’Atlas Montréal

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Ci-dessous, in extenso, l’éditorial du journal maghrébin Atlas Montréal en réaction à la sortie de la députée péquiste Monique Richard le 2 décembre dernier à l’Assemblée nationale pour dénoncer le financement accordé par le gouvernement du Québec à une institution scolaire privée desservant la communauté musulmane, l’«École Dar Al Iman».

Par Adelghani Dades*

Islamophobie et ignorance à l’Assemblée nationale du Québec: le Parti québécois doit s’excuser

Éditorial du journal Atlas.Mtl numéro 145 du 9 décembre 2010

C’est un beau cadeau que vient de nous faire, par l’intermédiaire de l’honorable (?)Monique Richard. À la veille de la célébration par les Canado-musulmans du nouvel an hégirien, un discours tout ce qu’il y a de raciste, sans honte, sans gêne, suintant l’islamophobie la plus crasse, parsemé d’insinuations graves (antisémitisme, non respect des femmes, valeurs dangereuses pour la société québécoise), n’était sans doute pas la chose la plus opportune si tant est que l’acte indigne de la député de Marguerite d’Youville n’est pas délibéré…

«J’en ai la nausée pourtant je ne suis pas très pratiquant (même si bon croyant)» a été la première réaction que nous avons entendue.Très rapidement ensuite, nous avons appris que la communauté musulmane de Montréal et du Québec mettait en circulation une pétition dénonçant les propos de Monique Richard tenus ce 2 décembre 2010 devant l’Assemblée Nationale.

Pour sa part, le Regroupement des Algériens du Canada a émis un communiqué déplorant «les propos de la députée(…) Les sous-entendus de la députée laissent place à des interpréta- tions graves et préjudiciables pour toute la communauté musulmane. Madame Richard n’a ni la compétence, ni le savoir pour s’immiscer dans la lecture du Coran, livre sacré de plus d’ un milliard et demi de croyants.

Se basant sur des citations du chef du Congrès musulman canadien, sans vérifier ses sources et ses connaissances, madame Monique Richard a écorché l’ensemble de la communauté musulmane par ses insinuations légères et sans fondement.»

Toutes ses émotions ne sont pas gratuites ni injustifiées. Monique Richard en effet a gravement insulté et offensé 300 000 bons Canadiens d’une part; elle a donné un prétexte rêvé à certains «chroniqueurs» et analystes d’y aller à nouveau de leur pamphlets et brûlots islamophobes et elle a, surtout, occulté le propos qui lui servait de point de départ: la nécessité d’un débat national, n’excluant personne, sur la question du financement public de certaines écoles à caractère religieux.

La sortie de Monique Richard nous fait logiquement craindre – par l’incitation au mépris et à la discrimination qu’elle constitue – une amplification et un ren- forcement des préjugés qui s’expriment déjà trop souvent, à l’encontre des québécois de confession musulmane, dont beaucoup de militants ou de sym- pathisants péquistes. Pour cela, le Parti québécois doit, par sa voix la plus autorisée, celle de Mme Pauline Marois,

1. 1- Présenter ses excuses et celles de son Parti aux Musulmans du Québec et du Canada
2. 2- Se prononcer et dire sa désapprobation de la stigmatisation et de la discrimination contre les Québécois et les Canadiens de foi musulmane.

Ensuite, on pourra reprendre les vrais débats nationaux, les débats qui pourront nous permettre à tous, sans préjugés, sans ignorance, sans out- rances, de contribuer par nos idées et nos convictions, d’imaginer et mettre en place un Québec inclusif qui n’insulte ni ses citoyens, ni son avenir.

*Éditorialiste au journal Atlas Montréal
Groupe Atlas Media
www.atlasmedias.com

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