Un potentiel successeur de Kabila au Congo de passage à Montréal

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Oscar Kashala, qui a rencontré ses compatriotes de la diaspora congolaise du Canada à Montréal, veut «un changement du climat politique au Congo». Le président national de l’Union pour la Reconstruction du Congo (UREC) refuse de «voir les Congolais continuer à souffrir de la sorte» alors que ces derniers vivent sur l’un des sous-sols les plus convoités de la planète.

Table rase du statu quo

Intervenant, le 24 juillet dernier, aux côtés d’un autre conférencier, le Dr Justin Kankwenda Mbaya, à l’hôtel Marriott Château Champlain, lors d’une conférence organisée par le Bureau international d’études pour la paix et le développement (BIEPD), le candidat à la présidentielle congolaise de 2006 a plaidé en faveur d’«un renouvellement du leadership politique» en RDC.

Très articulé, visiblement à l’aise devant son auditoire, le médecin, devenu politicien, souhaite que son peuple ne soit plus dirigé par des cancres. «Il nous faut des gens compétents pour diriger un grand pays comme le nôtre», a-t-il exigé lors de cet événement organisé en collaboration avec la Communauté congolaise de Montréal (COCOM) et l’Association des Congolais de Québec (ACQ).

«Imaginez que les Américains installent un mécanicien à la Maison Blanche!», a illustré Kashala pour démontrer à ses compatriotes le danger auquel ils s’exposent en élisant des leaders qui n’ont aucune formation académique, aucune expérience, aucun pedigree pour pouvoir apprécier l’immensité et la complexité de la charge de travail qui les attend.

Au-delà des hommes, a-t-il rappelé, qui sont naturellement tous mortels, il réclame plutôt «un changement du système en place» qui est, selon lui, incapable de produire des résultats à même d’améliorer les conditions de vie du peuple congolais, a rapporté un journaliste de l’Agence de presse «Média Mosaïque» qui a assisté à une partie de cette conférence.

Autocritique obligatoire des Congolais

S’il s’en prend à l’élite et à la classe politique qui, a-t-il dit,  n’ont pas été à hauteur des attentes des citoyens congolais, le médecin politicien n’a pas, non plus, raté l’occasion de blâmer ces derniers. Dr Kashala, qui, sur une liste de 33 candidats, avait obtenu la 5e place lors de l’élection présidentielle de 2006, pense que les Congolais doivent, eux aussi, obligatoirement «changer de mentalité».

«Le véritable problème est celui du tissu moral, le problème de caractère du Congolais. Le manque de solidarité entre les Congolais, aussi bien de l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, les divisions internes,  le manque d’esprit d’équipe, le fait de ne pas penser pour le Congo, d’abord, avant de penser pour sa propre ethnie, autant de maux à combattre en notre sein», a énuméré le professeur de Harvard qui a œuvré pendant quelques années à titre d’expert au sein de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Faut-il une démocratie à la congolaise?

Sans être pessimiste, Kashala, qui se met évidemment en réserve de la République, refuse de croire que les Congolais soient incapables de se conformer au standard de la démocratie, tel que le concept est compris et appliqué en Occident, même si à un moment donné, il s’est lui même demandé, et nous le citons : «faut-il adapter la démocratie à la congolaise?».

S’inspirant par ailleurs des conclusions d’une chercheure à Harvard University, du nom de Susan Hunt, Oscar Kashala pense qu’il faut une plus grande présence des femmes dans l’administration publique et sur la scène politique. Car, à en croire, l’étude de Susan Hunt, rapportée par Kashala, dans toute institution où l’on accuse une forte participation féminine, le niveau de corruption est réduit à 30%.

Secouant l’état d’âme de ses compatriotes, il estime qu’il est temps pour les vivants d’aujourd’hui de passer à l’action s’ils veulent être pris au sérieux par les prochaines générations. Car, cinquante ans après avoir accédé à l’indépendance, «le peuple congolais ne peut plus attendre. Il a enfin besoin de vivre, de manger, de s’instruire, d’être soigné, de se sentir en sécurité sur son propre territoire», s’impatiente le No 1 de l’UREC.

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PHOTOS MEDIAMOSAIQUE.Com (En haut, Dr Oscar Kashala, lors de son speech improvisé le 24 juillet dernier. En bas, une vue de l’assistance ce jour-là à l’hôtel Marriott Château Chmaplain sur la rue Gauchetière à Montréal)