Un confrère vante l’ouvrage de «Média Mosaïque» en écrivant à son PDG

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Des messages de sympathie, des coups de fil, des courriels, saluant le travail effectué par l’Agence de presse «Média Mosaïque» au Canada, se multiplient ces derniers temps. La rédaction se fait désormais un devoir de les partager avec l’auditoire de MEDIAMOSAIQUE.COM. Et c’est en ce sens que nous soumettons in extenso cette lettre adressée au PDG de «Média Mosaïque», M.Donald Jean, par l’animateur Pierre Chesnel Louisor*.

UN MOT D’ENCOURAGEMENT À MEDIAMOSAIQUE.COM

J’étais parmi les sceptiques qui n’ont jamais cru que quelque chose de constant, de bien organisé et surtout de durable puisse surgir de la communauté haïtienne à Montréal, compte tenu du fait que, selon plusieurs, nous sommes une communauté tout à fait indisciplinée et divisée dans son ensemble. Cependant, MEDIAMOSAIQUE.COM qui n’a d’ailleurs rien à envier à ce qui se fait au niveau des grandes presses tant du terroir que d’outre-mer, a, de par sa constance et son organisation hors pair, réussi à me convaincre. Et j’ose croire que les lecteurs avertis et conscients sont tout aussi convaincus de l’extraordinaire effort des responsables de cette louable initiative, lesquels n‘ont pas choisi les avenues dénouées d‘obstacles pour se livrer à la facilité et au moindre effort.

Il eût été très facile, comme plusieurs le font, de pasticher ou retranscrire les nouvelles prises sur le vif dans les journaux ou à la télé, afin  d’en faire part aux lecteurs, tout en s’attribuant, par la suite, les mérites du travail bien fait par les autres. Il eût été facile de tomber dans la médiocrité d’un travail bâclé tant dans le fond que dans la forme. Mais les professionnels compétents et qualifiés de cet organe de presse ont choisi le chemin le plus périlleux, en faisant, jour après jour, des heures d’élucubrations pour la cueillette d’informations les plus pertinentes et les plus objectives de l’actualité.

Ceux qui me connaissent et qui liront cet article diront, peut-être:” Celui-là doit être probablement un proche de Donald Jean!”. Il est vrai que Donald était un collègue de radio. Mais tel que je le connais et tel qu’il me connaît, il ne m’aurait, en aucun cas et sous quelque prétexte que ce soit, jamais demandé de faire une telle chose. Cela veut donc dire que cette initiative est mienne; et les éventuelles critiques qu’elle pourrait susciter seront également miennes.

Ce geste constitue, en quelque sorte, une démarcation de ce qui se fait habituellement dans notre communauté. Si nous avons le courage de faire des critiques négatives sur ce que les uns ont fait de mauvais, pourquoi serions-nous nécessairement incapables de présenter nos félicitations ou nos compliments aux autres, lorsqu’ils ont accompli quelque chose de positif et de bien fait? Serait-ce une forme de jalousie innée ou l’inadéquation de notre éducation qui nous empêcherait de différencier le bon du mauvais, en honorant ce qui doit l’être?

Je ne voudrais surtout pas me faire passer pour quelqu’un de plus moral, de plus compréhensif ni de plus sociable que le reste du monde. Mais si, en tant qu’individus intelligents, nous reconnaissons que le travail de ces jeunes mérite notre appréciation et notre respect, alors nous avons pour obligation de les soutenir, de les encourager tant du point de vue moral que financier. Comment faire? C’est très simple! On leur téléphone ou on leur écrit pour savoir s’ils acceptent d’être supportés, ainsi que le processus à suivre? Mais une chose est sûre, c’est que, quand on va sur le site de MEDIAMOSAIQUE.COM, on sent que ces jeunes ont beaucoup investi afin de mettre sur pied un tel chef-d’oeuvre. Et les encourager pour que cela puisse durer et perdurer serait la moindre des choses.

Quand j’étais à la radio, je prenais l’habitude de dire très souvent que les acquis de notre communauté sont trop restreints pour se payer le luxe d’en perdre. Il nous faut, coûte que coûte, les préserver, parce qu’ils nous permettent de mieux nous faire connaître et de mieux comprendre la dynamique sociale dans laquelle nous sommes. Le Monde bouge constamment; les sociétés sont en perpétuelle mutation. Malheur à ceux qui restent statiques, sans s‘efforcer de s‘embarquer dans le train du changement. Et c’est ce qui, selon toute vraisemblance, est arrivé à Haïti, alma Mater de tous les Haïtiens vivant dans la diaspora.

Nous devons nous mettre au diapason avec le rythme de l’évolution du temps, si nous ne voulons pas toujours attendre la prochaine occasion. Et, en ce sens, l’importance de la presse est plus qu’importante; car elle véhicule non seulement l’information, mais elle nous permet d’avoir des idées plus justes et plus objectives sur la façon dont le monde fonctionne. La presse nous informe, entre autres, sur le temps qu’il fera demain, sur les prix des articles que nous consommons, sur la façon dont nos dirigeants gèrent la Chose publique et sur les grandes décisions qu’ils ont prises ou qu’ils vont prendre, lesquelles décisions auront, d’une manière ou d’une autre, des impacts importants sur nos vies et celle de nos enfants.

Ce qui séduit également c’est la philosophie anti-nombriliste de son fondateur qui a pensé à créer un média qui ne se borne pas à sa communauté d’origine, mais qui rejoint l’ensemble des communautés culturelles, la société québécoise et canadienne et l’international. Souvent les Haïtiens ne s’adressent qu’à eux-mêmes, mais dans MEDIAMOSAIQUE.COM, c’est le Québec ou le Canada qui se regarde à travers toute sa diversité ethnique, sociale, économique, politique et culturelle dans l’une de notre langue officielle, le français. C’est inédit comme média au Québec, Chapeau MEDIAMOSAIQUE.COM! 

Quand on sait que MEDIAMOSAIQUE, malgré les faibles moyens dont ses instigateurs disposent, répond à tous les critères mentionnés plus haut et à bien d’autres, nous ne devons qu’encourager une telle initiative, en faisant tout pour qu’elle demeure à notre service, c’est-à-dire au service de la société québécoise en général, de notre communauté et de toutes les communautés culturelles en particulier, dans la mesure où, effectivement, vous êtes, comme moi, convaincu (e) du travail et de l‘importance de ce média dans votre vie. Intelligenti pauca: à ceux qui savent comprendre, peu de mots suffisent.

*Pierre Chesnel Louisor a travaillé dans le monde des médias tant en Haïti que dans la communauté haïtienne de Montréal