La réélection de Tremblay est-elle compromise?

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Va-t-on le chasser ou va-t-il conserver son fauteuil à l’hôtel de ville de Montréal? La question devient désormais sur toutes les lêvres à un moment où les tuiles s’abattent à répétition sur la tête du maire.

 

 

 

 

En effet, le couronnement évident de Gérald Tremblay, que prédisaient plusieurs sondages, paraît de moins en moins certain à la lumière des faits ou scandales qui lui sont reprochés au cours des derniers mois.

Après avoir été secoué par les émeutes à Montréal-Nord, déstabilisé par le fameux scandale de la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) auquel l’opposition estimait que le maire avait sa part de responsabilité, voilà qu’un autre dossier controversé (les compteurs d’eau) vient le hanter.

En face de lui: aucun adversaire de poids

Faute de ne pas avoir de rivaux à même de lui faire véritablement de l’ombre, (des sondages passés lui donnaient une forte avance sur ses plus proches adversaires), un troisième mandat lui paraissait être à portée de main.

Tremblay, à qui, en février 2009, un sondage de Léger Marketing accordait 32% des intentions de votes, était tellement bien assis sur son fauteuil, qu’il ne s’inquiétait nullement des velléités du chef de «Projet Montréal», Richard Bergeron, qui recueillait 5% ou du No un de «Vision Montréal», Benoît Labonté, qui en avait récolté 4%.

Occuper l’agenda politique municipal

Plus combattif que jamais, le maire ne lésine pas sur les moyens pour tenter de montrer patte blanche auprès des Montréalais de plus en plus méfiants à son endroit. Il investit toutes les tribunes, se fait inviter dans toutes les émissions pour se disculper.

M.Tremblay n’est pas à court d’initiatives pour occuper l’agenda politique municipal québécois. Mardi 21 avril, il a convoqué une assemblée extraordinaire du conseil de ville pour ratifier le mandat qu’il a donné au vérificateur général de la Ville pour faire la lumière sur le dossier des compteurs d’eau.

Alors que dans l’après-midi du même jour, il a convoqué les médias pour une séance d’information tout à fait spéciale. Des fonctionnaires de la ville ainsi que des représentants de la firme BPR ont été d’une clarté hors pair pour démontrer l’urgente nécessité pour Montréal de se munir des compteurs d’eau même si la facture s’élève à plus de 350 millions de dollars.

Sans oublier qu’il vient de jeter un pavé dans la mare en proposant que les municipalités québécoises se dotent d’un code d’éthique. Une idée à laquelle la vice-première-ministre du Québec et responsable des affaires municipales n’a pu dire non.

Sera-t-il essoufflé avant novembre 2009?

Enfin, Tremblay, pourra-t-il maintenir le rythme alors qu’on est à quelques mois des élections municipales de novembre. Va-t-il pouvoir renverser la vapeur, si toutefois l’opposition, quoique moribonde, refait surface dans les intentions de vote.

Autre inconnue: dans l’entourage rapproché du maire, on questionne les véritables intentions de l’ex-députée de Hochelaga-Maisonneuve qui intervient de plus en plus pour dénoncer ce qu’elle appelle une «mauvaise gestion de la ville» par l’actuelle administration.

Des rumeurs tentent de faire croire que Louise Harel, qui a fait son deuil de la vie politique provinciale, serait prête à se lancer dans la course. Une rumeur qu’on ne saurait balayer vu que de nombreux politiciens, à l’âge de la retraite, délaissent Québec pour se rapprocher de leur domicile via la politique municipale. Demandez à l’ex-président de l’Assemblée nationale Michel Bissonet qui siège depuis quelques mois à Saint-Léonard ou à Marcel Parent à Montréal-Nord?

 

 

 

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(Photos) Cr. La Presse et MEDIAMOSAIQUE.COM

En haut: le maire Gérald Tremblay, au centre, (à g) Richard Bergeron de «Projet Montréal», (à d) Benoît Labonté de «Vision Montréal», tandis qu’en bas, l’ex-députée de Hochelaga-Maisonneuve, Louise Harel.