Sur les traces de Frédéric Chopin (CORRESPONDANCE DE LA POLOGNE )

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Parmi les lieux associés aux travaux de la gloire de Frédéric Chopin se trouve une Valdemossa spéciale (petite ville située dans la Sierra de Tramuntana), dans la partie centre est de Majorque, à seulement 17 km de la capitale insulaire Palma. Devant l’étroite et tortueuse route qui nous permet d’observer la culture en terrasses à flanc de montagne des oliviers tordus, des petites maisons collées aux rochers qui dominent la vallée, enfin, à la vue  du clocher de Saint-Bartholomé, un peu plus haut, sur une colline, on ne peut qu’avoir une pensée pour Chopin, George Sand et ses enfants. Ces derniers y ont passé trois mois d’hiver à la fin des années 1838/39.

 

 

 

 

Ainsi, Mme Sand prit la décision de partir à Majorque à la suggestion d’amis espagnols, tout en prenant en compte les problèmes de santé de son fils  Maurice et les problèmes de Chopin. On peut supposer qu’elle a voulu quitter le bavardage ou l’environnement pour survivre à Paris et à son grand amour, Frédéric. Dans un voyage romantique, cependant, Chopin allait quitter Paris séparément une semaine plus tard, accompagné de son frère Mendizabal, ministre espagnol, en vue de rencontrer George et les enfants à Perpignan. Par la suite, tous ont voyagé par bateau en provenance de Port-Vendres à Barcelone et après une semaine d’attente, ils s’embarquèrent sur le célèbre paquebot « El Mallorquin ».

Ce fut le consul français Pierre-Hippolyte Fleury qui les a aidés à louer une villa à Son Vent à environ 4 km du village de Palma de Majorque. Dès lors, la saison des pluies amenant avec elle l’humidité et le froid, et de là,  la santé de Chopin commença à décliner. Il écrit à un ami, Julian Fontana, à Paris : « J’habite les anciennes ruines, immense désert de la magnifique Chartreuse: des galeries, des cimetières, endroit plus que poétique. Seulement, je n’ai pas de piano ». En décembre, Valdemossy met à sa disposition deux appartements dans un monastère abandonné par les moines.

Une fois entré dans le monastère, il est impossible de résister à l’impression que le temps s’est arrêté. Un sombre couloir, éclairé seulement par des rosaces sculptées dans la paroi, mène à la prochaine pièce de l’autre côté d’une ancienne pharmacie que les moines ont préservée, permettant l’acquisition de médicaments pour Chopin. Chaque appartement est composé de trois chambres, avec salles adjacentes privées et petit jardin donnant sur la vallée. Dans une lettre de Chopin à Fontana, il affirme que «La cellule est en forme de cercueil, comme une haute voûte énorme, poussiéreuse où se trouve une petite fenêtre de laquelle on aperçoit des oranges, des palmiers, des cyprès. Je vous écris d’un endroit étrange ».

En 1929, le musée est ouvert pour Chopin et George Sand. On peut y admirer des manuscrits précieux, des portraits et des souvenirs d’artistes. Chaque année, en août, se tient la foule venue assister au Festival de Chopin, une assistance formée de touristes et d’amateurs de musique.  Le séjour de Chopin et Sand à Valdemossa est rempli de visites, de jeux et de leçons de piano avec des enfants. Un piano Pleyel de Paris a été retenu au bureau de la douane. Malgré ces difficultés, Chopin a réussi à finir quelques chansons, telles que la «Ballade en fa majeur», op. 38, les deux «Polonaises» op. 40 (n ° s 3 et 4), et surtout les célèbres «Préludes», op. 28, pour lesquelles George Sand a écrit dans  son autobiographie que « Certaines évoquent les visions de moines décédés,  d’autres sont tristes et pleines de douceur. Ces airs vinrent à lui dans les heures d’ensoleillement et de santé, parmi l’agitation des rires d’enfants sous la fenêtre, le bruit lointain de guitares et le chant des oiseaux sur le feuillage humide »… En effet, l’écoute de La Pluie, Prélude (op. 28 n ° 15), nous permet d’imaginer des gouttes de pluie tombant sur les toits et le vent fouettant les galeries de l’Hermitage vide …

La chantreuse a également été l’inspiration de George Sand, laquelle a terminé un roman sur la vie des moines, a préparé une nouvelle version de Lelli. Même île, son climat, la tradition, les monuments et les souvenirs de leur séjour décrit dans le livre «L’hiver à Majorque (Un hiver à Majorque)», publié en 1842 à Paris. La détérioration de la santé de Chopin a accéléré la décision de rentrer en France. Valdemossa, en février 1839, après un court séjour à Palma, ils montèrent à bord du « El Mallorquin » en partance pour Barcelone. Depuis ces jours mémorables passés à Valdemossa, inspirant l’histoire romantique de Chopin et George Sand, il reste quelque part une rue magnifiquement préservée où la musique de Chopin résonnera toujours dans les cœurs nostalgiques …

Correction linguistique: Catherine Kozminski

PHOTOS MEDIAMOSAIQUE.Com/Cr Zénon Mazur (En haut, un tableau peint à l’effigie de Frédéric Chopin, en bas Malgorzata Kubala qui a brossé ce tableau de la vie de ce musicien d’origine polonaise connu à l’échelle internationale)