Richard Bergeron: « des quatre, je suis le meilleur porte-parole de la diversité »

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Une question de Médiamosaïque à Richard Bergeron de Projet Montréal: Pourquoi la diversité devrait-elle élire Richard bergeron? Le candidat avait beaucoup à dire et à révéler à nos micros.

 

Bonjour Médiamosaïque, tout le plaisir est pour moi de vous parler

Pourquoi je suis plus proche de la diversité

La diversité c’est d’abord de reconnaître que c’est la réalité de Montréal et que cela doit se refléter dans les institutions montréalaises. Principe de base! La crédibilité pour en parler : vous êtes en face de la personne qui peut vous faire le plus beau témoignage. Des quatre, je suis le meilleur porte-parole de la diversité.

J’ai passé 3 ans de ma vie en Afrique, marié une Marocaine et je suis Musulman, bien que mes adversaires se servent de cela contre moi. Alors, voilà l’ouverture à diversité, à titre individuel, à titre personnel, au de-là du phénomène sociétal, marquant la réalité d’aujourd’hui de Montréal. Je pense, qu’à titre individuel, je pense que j’ai témoigné dans mes choix de vie d’une très grande ouverture à la diversité

Ceci nous amène aux enjeux d’emploi, de services, au profilage, à toutes ces thématiques qui sont chères aux nouvelles communautés montréalaises. Je peux vous dire que ça commence sur le plancher municipal. Si sur le plancher municipal il y a une seule personne qui est issue de telle ou telle communauté, il est peu probable que le conseil, dans son ensemble, ait le réflexe d’agir en faveur de la diversité, d’en penser tout le temps. Par contre, s’il y a 13 italiens, il y a fort probablement une sensibilité qui émanera de leur simple présence, alors tout commence par la simple représentation du conseil. C’est très beau les théories, mais commence par cela!

La deuxième étape c’est de s’assurer que l’administration montréalaise représente bien la population dans sa composition la réalité sociologique, contemporaine de Montréal et dans ses politiques.

Anecdotes croustillantes

Je me souviens l’année où j’ai siégé au Comité exécutif où le responsable de la Sécurité publique, M.Trudel, tout fier, nous dit: voilà la liste des 20 prochains pompiers qu’on vient de recruter. Je regarde la liste: 20 sur 20 étaient des Canadiens français et dans les autres vagues d’engagement c’était 1 sur 80 qui était autre que Canadiens français. J’ai fait ma sortie au Comité exécutif pour dire que ça n’a aucun sens en leur disant : vous ne vous ne vous rendez pas compte, juste à regarder les noms : Bergeron, Tremblay, Desgagné, Boisvert, Boiclair, Gérôme, Yannick, voyons! Tous des Québécois francophones, pas un de la communauté anglophone! Tout le monde était estomaqué autour de la table. Alors j’ai dit, cessez de le dire faites-le!

À ce moment, on a évoqué le fait que le l’École des pompiers est à tel endroit. Alors j’ai dit, on va relocaliser l’École des pompiers ou l’École de Police à Montréal! Ça n’a pas de bon sens que tous nos policiers doivent passer par l’institut de Nicolet, parce que par définition, juste territorialement, la position géographique de Nicolet, vu que c’est le lieu de passage obligé, fait que ça va être difficile de modifier la composition de notre corps de police.

Dans un cas pareil, le maire de Montréal doit aller voir le première-ministre du Québec pour lui dire : je veux que le cours, l’ultime passage d’avoir le badge passe à Montréal, parce que ça va être plus facile, même chose pour les pompiers, ensuite les concours, Il y a des biais comme cela partout dans l’administration municipale. Aucun effort n’est fait pour les corriger. Les gens ne pensent même pas qu’il y a des biais. C’est moi qui ai fait apparaitre le biais. Mais s’il y avait plus d’élus issus de la diversité sur le plancher du conseil, cela permettrait d’identifier et de corriger ces biais.

J’ai très hâte d’être maire, de tout passer en revue, avec une position d’autorité cette fois. Pas avec une position de simple conseiller, de celui qui alerte ses collègues, parce que c’est le maire qui décide. C’est le maire qui dit : j’ai compris et ça va changer! Il aurait pu faire ça, Gérald Tremblay il ne l’a pas fait et je parle de 2010 et ça n’a pas changé à date!

Alors moi j’ai très hâte d’être en position pour identifier les blocages et voir où ils sont, les blocages cachés que personne ne soupçonne!

Un « Commissaire à la diversité », tel que proposé par Coderre

Quand Équipe Coderre propose la nomination d’un « Commissaire à la diversité » c’est sans doute pas mauvais, je vais être moins cinglant, mais c’est un peu facile,  ils ont été 12 ans au pouvoir, la plupart d’entre eux sont dans l’Équipe Coderre, ils ne l’ont pas fait et ils nous sortent ça maintenant de leur chapeau. Ceci dit, c’est peut-être pas mauvais, mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel c’est la composition du conseil et le leadership du maire. Et le leadership du maire repose sur sa sensibilité. Gérald Tremblay n’avait, je vous le dis, aucune sensibilité pour des questions pareilles. Il jouait, il suffit de regarder son itinéraire de vie, il ne pouvait pas avoir un tel réflexe, moi je dors avec une Musulmane depuis 22 ans, j’entends parler arabe tout le temps dans la maison. Dès qu’on prend un taxi, la discussion s’engage entre mon épouse et le chauffeur tout le temps. Quand c’est un Haïti, j’ai été pendant un bout de temps en Haïti, quand c’est un Sénégalais, je lui parle du Sénégal.

Le pouvoir du maire

Quand tu es maire-là, tu appelles le fonctionnaire dans ton bureau, tu lui dis tu as trois jours pour me régler tel ou tel problème, je veux une explication complète. Le Comité exécutif est concentré à 100% entre les mains du maire, les membres du Comité exécutif n’ont aucun pouvoir, ils sont des conseillers au maire. Ils ont du pouvoir si le maire leur permet d’en avoir, comme Franck Zampino à qui le maire (Tremblay) avait donné les pleins pouvoirs. Quand je siégeais au Comité exécutif, j’ai réprimandé un fonctionnaire qui s’est plaint auprès de son autorité (le maire) et j’ai moi-même été réprimandé pour avoir réprimandé un fonctionnaire. On m’a dit quand t’es pas content d’un fonctionnaire, tu viens me voir moi, j’en avise le directeur, le directeur informe le fonctionnaire et ça revient à moi parce que, moi Gérald Tremblay, je suis l’Exécutif point terminé. Comme membre du Comité exécutif responsable de l’Urbanisme, tu n’es pas une partie de l’Éxécutif, tu es mon simple conseiller et c’est la loi qui a statué dans ce sens-là. Alors si le maire n’est pas sensible, alors…

La diversité en Affaires avec la Ville

Nous on propose le principe de la double enveloppe. Une enveloppe de qualification ça veut dire, si l’entreprise ne se qualifie pas on n’ouvre pas l’enveloppe du prix. Ce principe de la double enveloppe est utilisé à Montréal uniquement pour les contrats de services professionnels, mais il est utilisé à Lévy pour un ensemble de contrats, et parmi les critères, il y a le critère de la diversité, il y a le critère du plus ou moins environnemental. Par exemple, on pourrait donner des points au soumissionnaire en vérifiant le critère de la diversité. Et ça il n’y a rien qui nous empêche de faire ça! J’ai pourtant déposé la motion en 2007 et en 2010, ça été refusé par Gérald Tremblay parce qu’il n’y avait pas d’appuyeurs et j’étais seul dans ma formation politique…

Alors, je dirais à la diversité de voter Projet Montréal pour changer l’ordre des choses à l’hôtel de ville.

 

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