René Préval, un président destitué par un «coup d’État écologique»?

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Sans résidence, sans palais, sans gouvernement, sinistré au propre et au figuré, le président haïtien, qui a ingénieusement réussi à mettre son règne à l’abri des complots de déstabilisation coutumiers en Haïti, est finalement victime d’un «coup d’État écologique».

Muet pendant près de 48 heures après la catastrophe, visiblement sous le choc, à l’instar des pauvres anonymes sinistrés,  René Préval semble rater l’opportunité de sa vie pour marquer son passage aux timons des affaires de l’État d’Haïti.

 

Faut-il lui jeter le blâme ?

On comprend que l’homme n’y pouvait rien pour sauver la peau de son peuple qui pleure aujourd’hui des dizaines, voire des centaines de milliers de morts dans ce qu’on appelle, et avec raison, la plus grande tragédie de l’histoire d’Haïti. C’est tout à fait compréhensible!

On sait également que ce pays, dit-on, le plus pauvre de l’hémisphère, ne dispose pas de structures et conséquemment de moyens pour réagir promptement et efficacement aux gémissements, aux cris assourdissants de ces milliers de gens coincés sous les décombres.

 

Un leadership en peau de chagrin

Même si on parle souvent de sa probité, très bien! Cependant, ce président, peut-il éternellement se disculper? Quelles sont ses «réalisations» ? Peut-il lui-même faire objectivement un bilan après avoir bouclé en plein un premier quinquennat et le voilà en train de parachever son deuxième?

Dépourvu du moindre charisme, René Préval dont la gouverne s’illustre par une suite de malheurs  ou de catastrophes en série (naufrage, cyclones, séisme, élections contestées, etc.) n’est toujours pas la première personne à inspirer confiance auprès de ceux qui l’ont pourtant élu et réélu. Drôle de paradoxe!

Contrairement aux Occidentaux qui s’assurent toujours d’obtenir du réconfort dans l’intervention de leur président ou premier-ministre à chaque catastrophe, les Haïtiens peuvent rarement attendre ce minimum de la part de leur homme fort.

Préval et le pouvoir de l’image

Fervent adepte de l’informel, croyant très peu dans l’importance du marketing ou de la communication, René Préval ou ce qui reste de son entourage vient encore une fois de prouver qu’il se fout royalement du pouvoir de l’image au 21e siècle. À preuve, la présidence n’a même pas un porte-parole attitré. Il n’y a même pas de point de presse quotidien sur la situation.

Alors que le doute persistait et que ses nationaux ignoraient tout sur lui, il a fallu une exclusivité d’un journal américain pour que ses concitoyens et le monde sachent enfin qu’il a survécu au drame. Bon nombre d’Haïtiens, tant aux USA qu’au Canada, ont critiqué son entrevue à CNN au cours de laquelle son anglais a fait pitié. Pourquoi ne s’est-il pas exprimé en français? À CNN de faire travailler sa batterie de traducteurs! 

 

Effet d’un discours sur les ruines du Palais? 

Qui peut douter de l’efficacité éventuelle d’une adresse à la nation quelques instants après le tremblement de terre? Certes, la  catastrophe, à elle seule, a été suffisante pour émouvoir le monde, mais on présume qu’un discours avec des mots bien sentis, sur les ruines même du Palais national, aurait pu provoquer un afflux de milliards de dollars sur le plus pauvre pays de l’hémisphère.

En tout cas, si le président a joué, comme d’habitude, un rôle effacé ou peu convaincant dans les vigt-quatre (24) ou quarante-huit (48) heures ayant suivi la catastrophe, ce drame a toutefois révélé les talents d’un jeune animateur de Radio One, Carel Pèdre, devenu de facto, en l’espace de plus d’une journée, plus qu’une star ou le porte-parole d’Haïti, grâce au Web.

En effet, le reste de la planète était pendu aux lêvres de ce dernier qui, via les plus grands canaux du monde, a magistralement fait preuve de bravoure et d’éloquence. Il n’a pas eu peur de mourir au front en choisissant de servir sa patrie alors qu’il pouvait fuir les lieux et porter secours à ses proches. Cette performance extraordinaire, évoquée à plusieurs reprises par la presse internationale, est signée Carel Pèdre et non René Préval.

 

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