Régine Alende : la Congolaise qui a imposé sa vision communautaire au Québec (PORTRAIT)

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VERDUN – Elle avoue avoir même été traitée de «folle» pour avoir passionnément cru en son idée de fonder le CEJFI (Centre d’Encadrement pour Jeunes Filles Immigrantes), un organisme dont l’expertise est  reconnue une décennie plus tard dans les milieux (gouvernemental, privé, communautaire, notamment féminin et immigrant) au Québec.


 






 

 

 

Partie de rien pour «fonder un grand organisme»

Si dès le début, son rêve était de «fonder un grand organisme» au Québec, Régine Alende Tshombokongo raconte qu’il lui a fallu endurer des années de vache maigre,  des moments d’incertitude, des portes closes, des réponses négatives.

Cependant, si elle admet que cette période balbutiante lui a donné bien des maux de tête, mais, c’était, à son avis, très peu voire insuffisant pour la distraire de son objectif fondamental : celui d’imposer un organisme capable de prouver son utilité, son incontournabilité à la société québécoise et canadienne.

Être visionnaire, et le budget suivra…

«La suite des choses a prouvé que je n’étais pas folle, comme bon nombre de mes détracteurs l’imaginaient», a témoigné Régine Allende  qui soutient avoir eu de bonnes raisons de croire que le mandat qu’elle voulait léguer à l’organisme était viable et pertinent.

Des faits vécus personnellement alors qu’elle étudiait (niveau maîtrise) à l’Université Laval ou ceux de bon nombre de jeunes filles immigrantes qu’elle a côtoyées, les réponses logiques à ces besoins tout en tenant compte du mandat des pouvoirs publics et d’autres institutions, lui ont convaincu de la portée et de l’utilité éventuelles du CEJFI.

De multiples rencontres pour promouvoir sa vision

À l’assistance majoritaire féminine qui l’auditionnait à l’hôtel de ville de Verdun, dans le cadre du lancement du programme Femmes et leadership de CHAFRIC, Régine Allende confie avoir toujours eu un agenda rempli, toujours disponible pour rencontrer les gens, tout en consacrant du temps à sa petite famille «qui me considère toujours, dit-elle, comme une bonne épouse».

«Je n’ai pas manqué une seule occasion pour faire connaître l’existence de mon organisme et de la cause que je défends. J’ai été présente à quasiment toutes les rencontres où je pouvais glisser un mot aux autorités, à l’échelle municipale, provinciale et fédérale. Cela m’a permis non seulement d’élargir mon réseau mais aussi de me faire connaître des décideurs ».

«Avec beaucoup de conviction et de perspicacité, oui j’en suis capable, je leur explique mes intentions et mes projets, et petit à petit, un essaim commence à se former autour de mes idées, a-t-elle expliqué dans son récit livré avec passion, suscitant rires et applaudissements de la part de son auditoire.

Un budget qui passe de 5 000 à 500 000 $CAN par an

Elle rappelle que le CEJFI, qui se permet aujourd’hui le luxe de s’installer dans une étage complète d’un important building sur la rue Saint-Laurent, a été logé, à ses débuts, dans sa cuisine avec pour matériels de travail une table de bureau et un seul ordinateur.

Aux professionnels ou entrepreneurs en herbe, Régine Alende leur suggère de penser grand et de mûrir leurs projets. À titre d’exemple, elle témoigne que son organisme, qui a débuté ses opérations dans sa cuisine avait un chiffre d’affaires de 5 000 dollars CAN l’an. «Voilà qu’aujourd’hui notre budget dépasse un demi million de dollars», s’est vantée la No un du CEJFI.

Statistiques à l’appui, Régine Alende Tshombokongo informe que, à date, plus de 1700 jeunes femmes ont déjà été prises en charge par son organisme. À noter que, le CEJFI intervient dans le domaine de l’intégration des immigrants en ciblant notamment jeunes les femmes. Elle prépare celles-ci au marché de l’emploi et propose également du dépannage alimentaire et vestimentaire aux familles nouvellement arrivées au pays.

 

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PHOTOS MEDIAMOSAIQUE.Com/Cr Seydou Coulibally (La No 1 du CEJFI, Régine Alende Tshombokongo-Images prises lors du lancement du programme «Femmes et Leadership» à l’hôtel de ville de Verdun)