Quid du nouveau «profil mentor» de Mohamed El Khayat?

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Le grand manitou d’Informatique EBR prend très au sérieux son nouveau profil de mentor. Soucieux de son rôle de passeur, d’abord, envers sa famille (son fils l’accompagnait à Montréal au dernier gala du CMQ), ensuite envers sa communauté d’origine, il ne lésine pas sur les moyens pour prodiguer des conseils pratiques notamment aux Maghrébins désireux de se lancer en affaires.

Toutefois, le Pdg et cofondateur de la firme québécoise Informatique EBR inc. n’aime pas la langue de bois. Si l’intégration par les affaires devient une tendance lourde au Québec, El Khayat, dont le cheminement à succès inspire bon nombre d’immigrants, tient cependant à dire les «vraies affaires» aux jeunes ou aux entrepreneurs ou en herbe qui le côtoient.

 

On ne s’improvise pas « entrepreneur« 

Se référant à son propre parcours, il insiste sur le pré-requis indispensable au métier d’hommes d’affaires, car, a-t-il fait remarquer, « pour entreprendre, il faut apprivoiser son environnement, son nouveau pays, son secteur d’activités. On ne peut pas sortir du Maroc aujourd’hui et ouvrir une entreprise le lendemain au Québec, ça marche pas! »

Mis à part «la formation, l’intégration, la culture d’affaires du milieu, les codes culturels, à maîtriser», l’individu-entrepreneur doit, selon Mohamed El Khayat, «avoir un talent de leader, de rassembleur.  Il doit aussi être capable de réunir les bonnes personnes autour de lui, savoir calculer, parce qu’une compagnie est là pour faire des profits, sans quoi elle va faire faillite».

 

Le timing, est-il bon pour se lancer?

Bien souvent, rapporte-t-il, «l’entrepreneur en herbe se pose la sempiternelle question : «Est-ce que le timing est bon pour me lancer»? À cela, celui qui vient de mettre la main sur le Prix « Immigrant entrepreneur » 2013 de la Ville de Québec répond: «ça dépend du produit, du service qu’on veut promouvoir ou vendre».

«Quand on a le goût d’entreprendre, l’énergie et le temps pour s’investir, il n’y a pas de timing, tous les moments sont bons. Ce qui compte, plus vous calculez les risques, plus vous maximisez les chances de réussir», a ajouté Mohamed El Khayat qui figure également au palmarès 2012 du  TOP des 20 Plus Grandes Personnalités de la Diversité.

 

Des erreurs à ne pas faire

Admettant avoir lui-même commis des erreurs de jugement, le Pdg et cofondateur d’Informatique EBR estime «important de les transmettre aux jeunes afin qu’ils ne les reproduisent pas. «Un exemple banal, à mes débuts, j’ai choisi le comptable le moins cher et ça m’a coûté trois fois plus cher. Il y a aussi des avocats qui ne coûtent pas cher mais qui ne livrent pas la marchandise. Le moins cher est celui qui va te donner le plus de troubles, parce qu’il n’est pas compétent», a-t-il confié.

 

En cas de faillite?

«Ce n’est pas la fin du monde», a-t-il relativisé, étant donné, a-t-il dit, que cela fait partie des possibilités, advenant le cas où le succès espéré tarde à se manifester.  Mohamed El Khayat suggère aussi aux immigrants de faire à l’instar des Québécois qui sont familiers avec leur système.

En affaires, a fait valoir le Pdg et cofondateur d’Informatique EBR , «tu peux faire de l’argent, de même que tu peux te faire laver. Et souvent l’immigrant qui arrive ici, parfois par trop d’orgueil ou par ignorance, ne perçoit pas les choses de la même façon que les natifs d’ici.»

Pour preuve, il commente: «un Québécois de souche, quand il fait faillite, pour lui, c’est une leçon, mais un immigrant, quand il fait faillite, c’est un échec. Il rentre chez lui et se dit qu’il n’est pas bon pour faire des affaires dans ce pays et c’est faux!»

 

Frilosité des patrons québécois

Selon lui, la sensibilisation des patrons québécois autour de la question de l’embauche est plus que nécessaire. Évoquant ses échanges avec plusieurs de ces derniers, il explique que leur réticence à engager des immigrants résulte de leur manque de contacts avec les nouveaux arrivants, que ce soit à Montréal, à Québec ou dans les régions.

«Plusieurs de ces patrons me disent: Mohamed, j’ai déjà des problèmes avec mes Québécois de souche et puis voilà que tu veux m’amener des Musulmans, des Africains, alors que j’ai déjà de la difficulté à harmoniser le personnel existant», a-t-il paraphrasé en insistant sur la nécessité pour le CMQ de nouer davantage de contacts avec les entrepreneurs québécois.

À titre de mentor du CMQ, il suggère à l’organisme de cibler en priorité les jeunes de 35, 40 ans. «Car, a-t-il soutenu, plus ceux-ci auront du succès dans leurs entreprises, plus des postes seront disponibles pour la communauté qui accuse un fort taux de chômage.»

 

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PHOTOTHÈQUE MÉDIAMOSAÏQUE Cr Chamsi Dib (En haut, le Pdg d’Informatique EBR en compagnie de son fils (au centre) et du nouveau maire de Montréal, Denis Coderre. En bas, Mohamed El Khayat était invité à remettre un prix lors du dernier gala du Congrès Maghrébin au Québec)