Pourquoi Dany Laferrière endosse «Mémoire d’encrier»? (ENTREVUE)

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Au Kiosque de «Mémoire d’encrier» cette année, un personnage hors de l’ordinaire attendait les passionnés du livre: Dany Laferrière. L’«immortel» de l’Académie française qui vient d’être hissé au rang d’«invité à vie» du Salon du Livre de Montréal s’est fait un devoir d’y être dans le but d’encourager les créateurs qui passent par cette maison d’édition pour se faire connaître au grand public.

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Entrevue Médiamosaïque/Dany Laferrière

Médiamosaïque: Bonjour Dany Laferrière

Dany Laferrière: Bonjour Médiamosaïque

Médiamosaïque: Vous êtes au Salon du livre et plus particulièrement au kiosque de Mémoire d’encrier et vous au êtes disponible pour les lecteurs, est-ce qu’on peut savoir pourquoi?

Dany Laferrière: C’est extrêmement important d’être présent au Salon du livre! Le salon, c’est la présence littéraire de la francophonie. On appelle cela la francosphère. C’est important aussi qu’Haïti, le Sénégal, la Palestine, Cuba, les Amérindiens, soient  présents. Moi, si ma présence peut contribuer à donner de la visibilité au courant que développe Mémoire d’encrier, je le fais sans hésiter et j’y tiens!

Médiamosaïque: Qu’est-ce que vous aimez particulièrement chez Mémoire d’encrier?

Dany Laferrière: On n’a qu’à voir les livres qui sont présentés ici par Mémoire d’encrier. Beaucoup de nations, de réseaux, sont représentés ici et d’une manière non complaisante. On n’accepte pas les livres qui ne soient pas bien faits. Et grâce à ce travail, mine de rien, un réseau a été constitué: des écrivains amérindiens qui connaissent des écrivains sénégalais qui connaissent des écrivains haïtiens, des latino-américains. Donc c’est ça aussi la littérature, c’est ça sa grande promesse : faire en sorte que les gens se connaissent, se reconnaissent, se lisent, pour éviter d’avoir trop de clichés sur les cultures, trop de clashs. On en connait tellement qui se font découvrir très vite dans le parler, dans le savoir populaire.

Médiamosaïque: Comment le public répond?  Que faire pour attirer son attention au Salon?

Dany Laferrière: Ah non la littérature ne se contente pas de quatre jours de salon. Il y a les librairies, il y a toute une équipe qui s’occupe des livres de manière professionnelle. Quotidiennement, il y a les attachés de presse qui appellent les médias pour donner un peu de visibilité aux livres et aussi à appeler des lecteurs privilégiés et qui ont du pouvoir dans la société pour qu’ils s’intéressent à des livres. Les groupes sociaux qui sont liés souvent par parenté à certains écrivains. C’est un tissage très lent mais qui finit par créer un lectorat.

Médiamosaïque: Qui forme ce lectorat?

Dany Laferrière: Vous savez l’ensemble des lecteurs est là mais tout le monde ne lit pas n’importe quoi et c’est pas une question simplement d’être connu ou d’avoir du talent. Les gens dans ce Salon du livre ont leur chemin secret, ils traversent le salon et vont dans des endroits qui ne sont pas peut-être en vue pour chercher des livres dont ils ont rêvés pendant l’année. C’est ça qui fait la beauté d’un salon. Si tout le monde allait se mettre en ligne devant le best-seller, on n’aurait pas de salon.

Médiamosaïque: L’édition 2014, pour Mémoire d’encrier, c’est réussi?

Dany Laferrière: C’est pas un spectacle un salon. Certaines fois, il peut y avoir beaucoup de bruit comme l’année dernière où Haïti était le pays invité. Après, on reprend l’ordinaire des choses, mais les choses se font dans l’ordinaire, dans le quotidien.  C’est parce que Mémoire d’encrier avait travaillé qui fait qu’Haïti était le premier pays invité du salon dans son histoire. Vous le savez très bien. On ne peut pas exiger des gens de nous aider quand on n’a pas commencé. Sinon ça va être du néocolonialisme, les gens vont vouloir faire un peu de bien. Là non! On a un réseau, on est capable de présenter une littérature. On a offert 800 titres de la littérature haïtienne. Les gens sont venus et voilà c’était la folie! Mais après Mémoire d’encrier reprend ses activités après avoir connu des moments de gloire. Elle a un stand comme les autres, les gens viennent de temps en temps, achètent un livre et à la fin ça va faire un succès.

Médiamosaïque: Merci Dany Laferrière

Dany Laferrière: Avec plaisir

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