Parfumerie: conquérir la clientèle afro de Montréal, Pure Fragrance y croit

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Arlette Matingu a pris le risque d’innover en s’investissant dans le domaine du parfum, un secteur méconnu de la communauté africaine. «Au fait, ils (les Africains) utilisent toutes sortes de parfums au quotidien sans vraiment les connaître», a estimé la Congolaise d’origine qui part en affaires en s’octroyant une franchise de Pure Fragrance.

 
Des erreurs à éviter avec les Africains?

«Surtout avec la communauté africaine, il y a des mots sans doute qu’il faut choisir. Il ne faut pas que ça paraisse comme un produit de luxe, par exemple. Pour nous, produits de luxe, c’est vraiment des marques très connues, alors quand on est nouveau, on va avoir du mal à se faire prendre pour des grands», a expliqué Mme Matingu.

C’est «en resautant que ce sage conseil m’a été prodigué», a-t-elle confié lors d’une entrevue que lui a accordée l’Agence de presse «Média Mosaïque» alors qu’elle prenait part, dans un restaurant sur la rue St-Hubert à Montréal, à une séance de réseautage du programme «Femmes et Leadership» lancé récemment par Chantier d’Afrique du Canada (Chafric).

«C’est très important, les questions que les gens vous posent, ça vous fait dire peut-être qu’il faut orienter le message autrement, parce que tout est dans la perception et dans la philosophie qui est derrière le produit», a analysé la femme d’affaires qui a également lancé en 2003 «Profil Africa Inc.», une entreprise qui offre des produits et services en matière de communication et de marketing, à destination du continent africain.

À son avis,  ce genre d’exercices initié par Chafric «permet de réajuster le message, de recevoir du feed-back par rapport au produit. On obtient toujours de nouvelles idées, parce que quand on travaille sur un produit, on a sa façon de voir mais le feed-back des autres est tout aussi important», a-t-elle témoigné.

  

Comment rejoindre les Afro-Montréalais?

«Notre tâche quotidienne consiste à faire connaître notre produit,  à chercher de la visibilité pour notre entreprise pour que les gens sachent dans la communauté africaine que c’est possible de créer son propre parfum», tel est le plan de match actuel de Mme Matingu qui a vécu au Congo, aux USA, en Belgique avant de pousser des racines au Canada où elle a parachevé ses études universitaires.

Toutefois, a-t-elle admis, «ce n’est pas facile de rejoindre les Africains. On est Africains, mais on n’est pas toujours en contact avec tous les Africains. Alors dès qu’on a l’opportunité de trouver une plateforme qui les réunit, c’est une occasion en or qu’on doit absolument profiter».

Ouverte depuis mars 2009 au centre-ville, Pure Fragrance n’a pas lésiné sur les moyens pour se faire connaître auprès de la population québécoise en général. Ce qu’elle avait tardé à faire auprès de la clientèle afro-montréalaise. Aujourd’hui elle veut refaire son retard en se servant du parapluie de CHAFRIC, l’un des plus grands réseaux d’interface de la communauté africaine au Québec.

 

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PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com (La femme d’affaires montréalaise d’origine congolaise, Arlette Matingu, en marge d’une soirée de réseautage organisée par Chantier d’Afrique du Canada)