Oubliée, la diversité s’invite dans les débats électoraux (PANEL)

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MONTRÉAL – Tenter d’influencer le cours des choses dans le débat électoral, conscientiser les politiques autour des enjeux notamment économiques qui font sourciller les Néo-Québécois dans cette société: telles ont été les principales motivations de ceux qui ont eu l’idée de réaliser un pareil échange, avait constaté l’Agence de presse Médiamosaïque.

 

Tonus du débat et profil des organisateurs

À des années lumière du climat hargneux, voire houleux, des quatre derniers débats télévisés, le face-à-face du 800 Place Victoria, qui a mis aux prises des représentants des quatre plus grands partis politiques du Québec, est une initiative conjointe du Réseau des entrepreneurs et professionnels africains, de la Jeune chambre de commerce haïtienne, de l’Association des jeunes professionnels chinois et asiatiques, et de la Chambre de commerce latino-américaine du Québec.

Quant à ceux qui se sont prêtés à un tel type d’exercice, ils étaient, de gauche à droite sur la photo, Will Prosper, candidat de Québec solidaire dans Montréal-Nord, Nicole Léger du Parti québécois dans Pointe-aux-Trembles, Dominique Anglade de la Coalition Avenir Québec dans Fabre et Pierre Arcand, ministre sortant de l’Environnement et candidat du Parti Libéral dans le comté de Mont-Royal.

 

« Vote ethnique » et discrimination à l’embauche

Le triste épisode du « vote ethnique », qui a hanté le Parti québécois au soir du référendum de 1995, a momentanément fait irruption lors de cette joute oratoire animée par le journaliste d’origine rwandaise François Bugingo. Mouillée, Nicole Léger, qui a concédé que la claque a été sévère à l’endroit des immigrants, aimerait, l’usure du temps aidant, voir enfin ceux-ci passer l’éponge : « J’espère que vous ne nous le ferez pas payer pendant trente, quarante ou cinquante ans », a-t-elle souhaité.

On se le rappelle, digérant mal la défaite du Camp du Oui, le leader des troupes péquistes de l’époque, l’ex-premier ministre Jacques Parizeau, avait délibérément choisi de stigmatiser un pan de la population, à savoir la diversité, soupçonnée d’avoir voté massivement main dans la main avec le Camp du Non. Admettant que ses propos avaient été jugés choquants par plusieurs, Parizeau avait opté pour la démission.  

La difficile insertion des minorités visibles, nées ici, dans les hautes sphères de la fonction publique québécoise a été également au menu des discussions. Si Will Prosper a dénoncé un tel état de fait, Dominique Anglade lui a emboîté le pas tout en faisant des propositions, Pierre Arcand a lui-même convenu que le gouvernement a l’obligation de faire preuve de leadership en ce sens si celui-ci veut que les grandes, moyennes et petites entreprises québécoises pastichent son exemple.

 

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PHOTOTHÈQUE MÉDIAMOSAÏQUE (Will Prosper, candidat de Québec solidaire dans Montréal-Nord, Nicole Léger du Parti québécois dans Pointe-aux-Trembles, Dominique Anglade de la Coalition Avenir Québec dans Fabre et Pierre Arcand, ministre sortant de l’Environnement et candidat du Parti Libéral dans le comté de Mont-Royal.)