Monsef Derraji, l’homme des mille comités

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QUÉBEC (MÉDIAMOSAÏQUE Avec LE DEVOIR) –  Autour du quotidien Le Devoir de découvrir ou de présenter le nouveau député du comté de Nelligan en la personne de Monsef Derraji dans le papier qui suit.

Qui sont les 67 recrues de l’Assemblée nationale ? Comment vivent-elles leurs premiers pas en politique ? Septième portrait d’une série de huit sur quelques-uns des nouveaux visages du Parlement.

La meilleure façon de s’intégrer à la société québécoise consiste à faire du bénévolat et à siéger à des comités, croit le nouveau député de Nelligan, Monsef Derraji.

« Quand j’ai commencé à étudier au Québec, j’ai compris quelque chose d’important. On peut avoir un CV très long avec plein de diplômes. Mais ce qui fait la différence, c’est l’école de la vie », raconte le député qui vit au Québec depuis 2006.

À 42 ans, Monsef Derraji a milité au sein du Congrès maghrébin au Québec, du lobby des jeunes chambres de commerce et du parti Vision Montréal en plus du Parti libéral.

Il a siégé au conseil d’administration de la Régie des rentes, de la Commission des partenaires du marché du travail, a été membre du Conseil éditorial de Médiamosaïque et la liste continue… « Je suis un hyperactif, c’est ça qu’on me dit », dit-il un sourire en coin.

À ses yeux, l’implication sociale n’est ni plus ni moins que « la condition sine qua non pour une parfaite intégration. »

En plus, ça lui a permis de « contribuer à la société », souligne-t-il. « C’est ça que j’ai aimé au Québec, en fait, c’est ça qui m’a encouragé à rester au Québec. »

Douze ans chez les libéraux

Or quand il a quitté le Maroc pour le Québec en l’an 2000, c’était pour étudier à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.

Encore aujourd’hui, les études et la recherche prennent une place de choix dans sa vie. Il termine en ce moment un doctorat en santé publique. « Je me spécialise dans la gestion des soins des patients diabétiques. »

Six ans à peine après son arrivée, il fait ses premiers pas au Parti libéral. Pourquoi ce parti ? « À cause des valeurs. Le respect des libertés individuelles. Pour moi, c’est très important. Le développement économique aussi. »

Lorsqu’on lui demande si les positions des libéraux envers les immigrants comme lui ont joué un rôle, il semble agacé par la question. « Je suis Québécois. Pour moi, on est tous des immigrants. Moi, ma définition, c’est que je suis un fier Québécois d’origine marocaine. Mes enfants sont nés au Québec. […] Mes enfants ne connaissent pas du tout leur pays d’origine. Depuis leur naissance, ils y sont allés deux fois. Je suis ailleurs dans ma tête. »

C’est clair, Monsef Derraji préfère être associé aux enjeux économiques qu’au dossier de l’immigration. C’est d’ailleurs des PME et du thème de l’innovation qu’il sera porte-parole au sein du caucus libéral, et non de l’immigration (dont Dominique Anglade se charge).

Par ailleurs, certains auront remarqué que lorsqu’il a prêté serment comme député, il n’a pas juré sur la Bible, mais sur le Coran. « C’est ma Bible à moi », résumera-t-il simplement à ce propos.

Cette cérémonie a un été un moment particulièrement fort pour lui. Ses parents la suivaient via Internet du Maroc, où son élection — et celle de sa collègue Marwah Rizqy (fille d’immigrés marocains) — a été traitée comme un événement dans les médias.

Mais au-delà de la fierté de ses parents, c’est celle de ses enfants, âgés de 3 et 5 ans, qui l’a le plus touché. « Je n’avais jamais vu mes enfants m’applaudir, jamais… Et ça m’a touché », dit-il avant de prendre un moment en retrait pour contenir son émotion.

Accédez ici au portrait de Monsef Derraji sur Le Devoir

Les portraits des nouveaux élus reflètent la représentation des députés de chaque parti à l’Assemblée nationale.

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