«Mister Clean» veut s’emparer de la ville. Tremblay n’est pas ébranlé (ENTREVUE EXCLUSIVE)

501

Toujours avec le même aplomb, le maire de Montréal et chef d’«Union Montréal», Gérald Tremblay n’avait, visiblement, pas l’air d’être secoué par la nouvelle de l’arrivée dans l’arène municipale de John Gomery, un juge dont la réputation de «Mister Clean» est connue à travers le Canada.

Même si cela risque de constituer une menace crédible à son leadership, miné, comme on l’a rapporté dans la presse, par des accusations de corruption, de favoritisme, d’abus de confiance, de conflits d’intérêts, qui pèsent sur son administration, le maire a minimisé ce gain du parti rival «Projet Montréal» et tenté de le discréditer dans ses premiers commentaires.

Interrogé par un journaliste de l’Agence de presse «Média Mosaïque» le jour même de cette annonce, Gérald Tremblay a justement estimé que le juge Gomery «vient automatiquement de perdre la réputation d’intégrité et d’objectivité dont il jouissait par le passé» en faisant le saut en politique municipale.

Tremblay: «Gomery fait le choix de la partisannerie»

«À partir du moment où M.Gomery fait le choix de la partisannerie politique, à partir du moment où il devient le président de la campagne de financement de Projet Montréal  et le financement de sa fille, il a le droit de répéter ce qui est inscrit sur le site de Projet Montréal depuis de nombreux mois», a répliqué le maire sortant.

À noter que Cym, la fille de l’ex-juge John Gomery est effectivement candidate de «Projet Montréal». Elle va  tenter de se faire élire dans le district de Loyola, dans Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce. Son père n’a pas souhaité être candidat. Il s’est contenté de rejoindre l’équipe de «Projet Montréal» en assurant la gestion de la campagne de financement du parti. Il a d’ailleurs invité les électeurs à ne pas voter pour,  voire réélire, les gens de son âge (77 ans).

Gomery, lui, tape sur le clou de la corruption

Justifiant sa décision de joindre «Projet Montréal», l’ex-juge Gomery répète ce message : «je suis honnêtement très troublé, plus troublé que jamais dans ma vie, par l’état de la ville de Montréal. Pas seulement l’état physique, qui est lamentable, mais aussi par l’état moral de la ville. Il y a évidemment des questions douteuses, des conflits d’intérêts, des contrats qui soulèvent des soupçons. Il y a une odeur qui est très désagréable qui entoure l’administration actuelle de la ville».

«Pendant l’enquête sur les commandites, j’ai vu un exemple de situation qui a corrompu un parti politique. J’étais sensibilisé par cette expérience du danger de ne pas surveiller efficacement le financement des partis. Cette élection est très importante pour Montréal. J’ai passé toute ma vie dans cette ville, mais je suis inquiet et troublé. Montréal est en déclin. L’intégrité semble en danger», a observé John Gomery.

 

 

MEDIAMOSAIQUE.COM Articles reliés

  1. Marcel Tremblay, mérite-t-il le vote de la diversité? (MUNICIPALES)
  2. Les municipales 2009, deviennent-elles passionnantes à Montréal? (PAPIER D’ANGLE)
  3. «Vision Montréal» et «Union Montréal» du pareil au même, selon Richard Bergeron (ENTREVUE)
  4. «Vision Montréal»: Montréal-Nord, baromètre de la victoire? (MUNICIPALES 2009)

 

PHOTO MEDIAMOSAIQUE.COM-CTV: À gauche, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, lors de la présentation officielle des candidats d’«Union Montréal» dans l’arrondissement (Villeray-Saint-Michel-Parc Extension), à droite, le juge à la retraite John Gomery.