«France 24» dépêche sur place son journaliste d’origine haïtienne

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Le journaliste de «France 24», Robert Philomé, qui est également le correspondant de l’Agence de presse «Média Mosaïque» en France prend l’avion ce jeudi 14 janvier à Paris. Destination : Haïti, son pays d’origine où il  a d’ailleurs bossé dans son domaine de profession il y a moins de dix ans.

Ce voyage risque d’être utile et pour la chaîne, surnommée «CNN à la française», et pour la famille du journaliste dont il est sans nouvelle depuis le début de la catastrophe. La mère de Philomé et sa sœur résident encore à Port-au-Prince, particulièrement dans la localité de Nazon, tout près de la commune de Delmas.

Robert Philomé, qui a communiqué à plusieurs reprises avec notre rédaction à Montréal,  a déploré notamment le fait qu’aucune structure nationale sérieuse n’existe en Haïti en dépit des catastrophes à répétition qui ont endeuillé l’île depuis les dix dernières années.

À son avis, Port-au-Prince misait officieusement sur les antennes mises en place par l’ONU successivement à travers le pays pour se faire une estimation et pour gérer l’urgence dans de pareilles situations. Voilà maintenant que les Nations-Unies sont frappées de plein fouet: leur chef sur place, plus d’une centaine de leurs employés, sont portés disparus.

La MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti) est aujourd’hui incapable de secourir son propre personnel, imaginez dans quel chaos se trouvent actuellement les trois millions de Port-au-Princiens et de la province!, a fait remarquer le journaliste.

La suite de notre entretien avec Robert Philomé

MM: Est-ce que le pays était préparé à ce genre de catastrophe ?
 
RP. Non ! D’aussi loin que je me souvienne, les écoliers, lycéens, universitaires et la population en général n’ont pas été éduqués dans la prévention et encore moins dans la gestion de risques sismiques. On a pu entendre dire ça et là qu’il y avait un risque mais il apparaissait tellement virtuel, lointain, qu’on ‘y a accordé aucune importance. S’agissant des normes de construction, elles sont à l’image de ce qu’est une bonne une bonne partie de ce pays: aléatoires.
 
MM: comment peut s’organiser la solidarité locale, nationale ?
 
RP. Dans ce contexte de désastre, mieux vaut ne pas nourrir de faux espoirs. Certains pays ont déjà annoncé leur aide. Il faut attendre qu’elle arrive sur place. L’aide nationale en elle-même est inexistante. Pourquoi ? Parce qu’elle dépend du pouvoir central qui est aujourd’hui à genoux. Sans vouloir accuser qui que ce soit, je pense qu’il y a une situation d’attentisme qui risque d’être fatal.
 
MM: Avez-vous pu joindre vos proches en Haïti ?
 
RP: Depuis 23h heure de Paris hier, j’essaie de joindre ma famille. Sans succès. Je me dois d’être optimiste même si d’heure  en heure et parce que je n’ai pas de nouvelles, je m’inquiète de plus en plus.

 

SÉISME EN HAÏTI (COUVERTURE SPÉCIALE)

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  • PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com (Le journaliste de «France 24» et correspondant de «Média Mosaïque» en France, Robert Philomé, lors de son passage en septembre 209 au Canada)