Les Suisses votent «contre l’immigration de masse»

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Référendum anti-immigration en Suisse. Les électeurs ont accepté de réintroduire un système de quotas pour les étrangers. Le vote pourrait remettre en cause les accords passés avec l’Union Européenne.

Ce n’est pas un raz de marée, mais c’est tout de même un résultat qui fera date dans l’histoire suisse. Dimanche, les Helvètes ont accepté à une courte majorité le référendum contre «l’immigration de masse». Ils ont été 50,3% à dire «oui» à l’initiative populaire de l’Union démocratique du centre (UDC), qui vise à limiter l’immigration européenne en revenant à un système de quotas. La participation a été de 56%.

Si le score final est très serré, il dessine clairement l’image d’un pays coupé en deux. D’un côté, la Suisse romande, francophone, a refusé en bloc le texte du parti populiste, alors que les cantons de Genève et de Vaud sont particulièrement concernés par les travailleurs frontaliers. De l’autre côté se trouve la Suisse alémanique, qui a validé sans ambiguïté l’initiative. «On remarque aussi un clivage villes-campagnes, note le politologue Pascal Sciarini. Dans les zones rurales, la crainte de l’immigration est plus une perception subjective qu’une réaction à un phénomène concret.»

La presse nationale est sous le choc. Pour le journal Le Temps, c’est un «dimanche noir», en référence à l’échec du référendum de 1992 sur l’entrée de la Suisse dans l’Espace économique européen. «Ce vote crée une situation d’insécurité pour tous les investisseurs de ce pays, ses chercheurs, ses étudiants, se désole le quotidien. Les éléments objectifs de la croissance sont ce soir en danger et pour plusieurs années.» Comme en écho, le vice-président de l’UDC, Claude-Alain Voiblet, rappelle que son parti, le premier du pays, n’est pas «contre la croissance, mais dénonce son impact sur la qualité de vie des concitoyens». Au moment de l’entrée en vigueur de l’accord sur la libre circulation avec l’Union européenne, en 2002, les experts prévoyaient l’entrée de 8.000 personnes par an en Suisse. Aujourd’hui, elles sont environ 80.000.

«Un succès symbolique»

Ces données poussent les autres partis politiques, qui ont tous combattu cette initiative aux côtés des syndicats et de la Fédération des entreprises suisses, à constater que l’entrée du pays dans l’espace Schengen n’a pas été assez encadrée. Sur les ondes de la Radio Télévision Suisse, Christophe Darbellay, président du Parti démocrate-chrétien, prenait ainsi acte de «la volonté du peuple». Le président de la Confédération, Didier Burkhalter, explique lui que «c’est dur pour le Conseil fédéral, on a perdu, mais on doit faire avec cette décision et en tirer le meilleur».

Sur les réseaux sociaux, les premières questions se posent: avec un taux de chômage à 3,5%, comment les entreprises vont-elles recruter si elles ne peuvent plus avoir recours à la main-d’œuvre étrangère? Les Français installés en Suisse seront-ils bientôt chassés du pays? Les conséquences de cette votation sont pourtant loin d’être établies. Le référendum donne un délai de trois ans pour renégocier les «traités internationaux». À Bruxelles, la Commission européenne affirme dans un communiqué publié hier soir qu’elle «regrette» ce résultat et «examinera son implication sur l’ensemble des relations globales entre la Suisse et l’Union européenne». Les accords bilatéraux pourraient être remis en cause dans plusieurs domaines. Le sujet doit être discuté au sein de la Commission, puis du Conseil qui représente les 28.

Oscar Mazzoleni, politologue à l’université de Lausanne, se veut rassurant et rappelle que dans le texte de l’UDC, les quotas sont établis «en fonction des besoins de l’économie, ce qui est une formulation vague». Selon le chercheur, cette votation est «un succès symbolique et politique, mais laisse une grande marge de manœuvre au Parlement pour être appliquée sans que le pays n’en souffre trop».

Médiamosaïque avec Le Figaro/Cr Photo Reuters

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