Les droits fondamentaux des délégués du CIME 2010, violés par Immigration Canada?

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LAVAL – La présidente du comité organisateur du CIME 2010 n’a pas caché sa frustration vis-à-vis d’Immigration Canada qui a asséné un nombre impensable de refus aux membres de plusieurs délégations qui devaient prendre l’avion à destination du Québec pour participer au premier Colloque international du Millénaire à Laval.

«Deux, trois, on peut imaginer, mais plus de 60 personnes et j’en passe, n’ont pas pu avoir leurs visas, c’est impossible, c’est vraiment honteux et c’est une catastrophe», a dénoncé Marjorie Théodore, vivement applaudie par les délégués ayant pris part à ces assises, une première mondiale.


Les délégations victimes, surtout d’origine africaine

En effet, ce congrès, qui met de l’avant les Objectifs du Millénaire de l’ONU adoptés il y a dix ans par les chefs d’États du monde entier, et qui s’est déroulé du 26 au 29 mai l’hôtel Sheraton, avait réuni plusieurs centaines de personnes issues de plus d’une vingtaine de nationalités.

En s’opposant à l’arrivée de ces délégations, originaires notamment du continent africain, sur son territoire, le Canada a lancé un très mauvais signal, a estimé Mme Théodore qui n’a pas nié que les propositions qui seraient soumises par celles-ci pourraient contribuer à faire progresser les droits fondamentaux des populations moins nanties et vulnérables de la planète.

Pour des raisons jusque-là inconnues de la part des organisateurs, les fonctionnaires du ministère Immigration et Citoyenneté Canada du gouvernement conservateur ont observé une telle consigne en dépit du fait que les Nations-Unies et le gouvernement du Québec, via La Magnétothèque, soient à l’origine de l’événement.

 

Protestation unanime

À noter que, la présidente du CIME 2010 et directrice générale de La Magnétothèque n’a pas été la seule à communiquer sa colère à l’assistance. Des représentants de différents pays, ayant gravi la tribune lors de l’inauguration dudit congrès, ont, eux aussi, questionné et protesté contre l’attitude du gouvernement Harper.

De Jacques Cornano, maire de Saint-Louis de Marie Galante et député suppléant de la République française à la présidente de l’Union francophone des aveugles, Françoise Madray-Lesigne, en passant par le représentant permanent au siège des Nations Unies à New-York et porte-parole officiel de CIME 2010, Dr Mohamed Benkhalifa, ou encore, la vice-présidente de l’Assemblée nationale du Québec, Fatima Houda-Pépin, chacun a trouvé sa petite phrase pour manifester sa réprobation.

«Cela ne restera pas là»

Le seul fait d’être nés Africains les dépouille de leurs droits de voyager, d’être ici parmi nous, a critiqué la Française Françoise Madray-Lesigne. Même condamnation de la part de son compatriote Mohamed Benkhalifa qui a donné la garantie que «cela ne restera pas là». Il assure que, cette colère, exprimée sagement par les organisateurs et les participants, émaiillera la «Déclaration de Laval», consécutive au colloque, qui sera bientôt déposée aux Nations Unies.

Pour ne pas être déçus, tous ceux qui pensent à organiser des colloques internationaux doivent enfin mûrement réfléchir avant de faire du Canada le pays hôte, a fait remarquer la présidente du CIME 2010, visiblement dérangée par la maladresse d’Ottawa, paradoxalement radieuse et fière d’avoir permis au Québec de prendre le leadership d’un tel mouvement.

 

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  • PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com/Cr M.Corivtarte (La présidente du comité organisateur du CIME 2010, Marjorie Théodore, lors du coup d’envoi du colloque le 26 mai dernier au Sheraton de Laval)