Lancement du Groupe IB2IB: Entrevue avec Patricia Rimok (VERBATIM)

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Suite au lancement du Groupe IB2IB et consécutivement à la prestation de sa PDG, Mme Patricia Rimok, qui a été invitée à dévoiler les grandes lignes de son projet en commission parlementaire, la rédaction de l’Agence de presse Médiamosaïque l’a interviewée. Ci-dessous, le verbatim de cette entrevue.
***MÉDIAMOSAÏQUE: Bonjour Mme Rimok
Patricia Rimok: Bonjour Médiamosaïque

 

***MÉDIAMOSAÏQUE: Vous aviez été invitée par le Gouvernement du Québec à présenter votre projet en Commission parlementaire à Québec dans le cadre de la planification des niveaux d’immigration le 24 août dernier, quelle a été votre proposition à la ministre Kathleen Weil?

Patricia Rimok: Il y avait deux buts à ma présentation. Le premier était de reprendre les éléments essentiels du mémoire que le CRI avait soumis juste avant son abolition en revenant sur les recommandations principales, et le deuxième sur la façon dont nous entendions poursuivre notre volonté et nos travaux au sein de la société, malgré l’abolition du CRI, alors que nous vivions à une époque où l’immigration constitue : a) un enjeu de premier plan pour la société québécoise, et b) un enjeu extrêmement sensible et critique pour notre démographie, notre économie, les pénuries d’emploi appréhendées, tout cela dans un contexte de rareté de nouveaux capitaux et la population québécoise désirant le maintien du panier de services publics actuels.

Sur les éléments essentiels du mémoire du CRI:

1. Le cas des travailleurs qualifiés:

Le MICC se donne comme objectif d’assurer que 50% des travailleurs qualifiés (qui représentent 65% de l’ensemble des immigrants) seront sélectionnés en fonction d’une formation correspondant aux besoins du marché du travail. Or, selon le Vérificateur général du Québec, entre 2006 et 2008, seulement 9% des travailleurs qualifiés présentaient un profil répondant aux exigences dans les domaines de formation privilégiés par le Québec. A ceci se rajoutent les personnes qui les accompagnent dont le profil ne répond pas nécessairement aux qualifications privilégiées par le Gouvernement du Québec au regard de sa grille.

Recommandation principale du CRI: Évaluer non pas uniquement les compétences générales (formation, diplôme) mais aussi celles acquises au travail dans le pays d’origine et l’arrimer selon les besoins du marché du travail québécois. Ceci se fait depuis 10 ans en Australie avec succès. Actuellement, la grille de sélection du Québec n’accorde que 6 points pour l’expérience de travail alors que dans le reste du Canada, 21 points sont accordés. Pour ce faire, développer une grille de compétences qui compléterait la grille de sélection. En amont, collaborer avec l’ensemble des sectoriels de la main d’œuvre afin de déterminer leurs besoins en main-d’œuvre sur les court, moyen et long termes et les impliquer dans le processus de sélection. Ceci éviterait de voir tant d’immigrants au chômage ou en précarité d’emploi avec des compétences qui n’ont pas été arrimées aux besoins du marché du travail.

2. Le cas des étudiants étrangers

Le Québec fait bonne figure quant à l’attraction des étudiants étrangers, source importante de futurs entrepreneurs si nous les incitons à s’établir après leurs études. Bien que le MICC incite des étudiants étrangers à devenir des immigrants permanents, il ne fait rien pour les inciter à créer leur entreprise. En 2008, une étude de l’OCDE identifiait le Canada comme l’un des pays comptant le plus d’immigrants avec une scolarité universitaire et une plus forte probabilité que des entrepreneurs immigrants créent des entreprises à succès.

Recommandation principale du CRI: que la Ministre Weil interpelle son collègue ministre de MDEIE afin qu’il intègre cette recommandation à sa future politique sur l’entreprenership prévue pour l’automne.

3. Le cas des réfugiés

Le Conseil attire aussi l’attention sur les compétences que les personnes réfugiées peuvent détenir. A cette fin, le CRI suggère, à l’instar de ce qui se fait à Sherbrooke avec des réfugiés afghans, de créer un guichet unique pour les personnes réfugiées afin de les référer au bon endroit pour qu’elles obtiennent un service adapté à leurs besoins, qu’il s’agisse de soins de santé, de services sociaux mais aussi d’employabilité.

4. Le cas des travailleurs temporaires

Depuis les années 2000, le Gouvernement fédéral privilégie le traitement des demandes d’admission de travailleurs étrangers au Canada sous un permis de travail temporaire pour répondre rapidement aux besoins des entreprises au prises avec des urgences pour combler des postes qu’elles ne trouvent pas localement. Au Québec, ces admissions ont atteint un sommet en 2009 avec plus de 30 000 travailleurs.

Recommandation principale du CRI: Que le MICC diffuse les moyens qu’il se donne pour s’assurer de retenir de manière permanente les travailleurs spécialisés avec la participation des entreprises ainsi que ceux qui ne le sont pas pour les entreprises qui souhaiteraient les retenir.

5. Le cas des immigrants d’affaires

Le taux de rétention (10% après 9 ans) plus particulièrement des immigrants investisseurs au Québec est largement plus faible que celui de la Colombie Britannique et de l’Ontario, alors que 61% des capitaux de ces immigrants transitent par le Québec du fait que son processus de sélection est plus rapide qu’ailleurs au Canada. Le CRI l’avait déjà précisé dans un mémoire en janvier 2011 en estimant cette perte dans l’économie du Québec à 1 milliard par an.

Recommandation principale du CRI: Développer un dispositif d’accompagnement et de suivi incitant les immigrants investisseurs à créer des entreprises au Québec. Le CRI avait suggéré que l’on puisse renforcer son rôle en lui donnant ce mandat plutôt que de l’abolir. Bien que le gouvernement se soit montré intéressé, il ne considérait pas que ceci était son rôle, ni celui du CRI.

A l’instar de la réponse du gouvernement sur cette dernière catégorie d’immigrants, alors que pour plusieurs de nos partenaires elle représente un des plus importants vecteurs de création de richesse pour le Québec, nous avons décidé de poursuivre la volonté du CRI en le faisant nous-mêmes et créer une agence au service des immigrants d’affaires.

Dans un premier temps:

  • Favoriser la rétention des immigrants investisseurs en collaboration avec les banques, les intermédiaires financiers, les sectoriels de main-d’œuvre, les associations d’affaires de toute origine, les villes et régions, les médias et autres acteurs économiques et sociaux qui pourront contribuer à faciliter l’accès aux opportunités d’affaires à ces personnes;
  • Favoriser les immigrants investisseurs pour qu’ils deviennent un vecteur d’innovation et contribuent à la relève entrepreneuriale;
  • Inciter les immigrants investisseurs à créer des entreprises qui favorisent la création d’emplois`et
  • Leur dédier un service d’accompagnement sur mesure à l’écoute de leurs besoins

 

 

***MÉDIAMOSAÏQUE: Avez-vous un bon échantillon qui vous laisse croire que votre projet répond aux attentes des immigrants investisseurs?

Patricia Rimok: Oui au-delà de l’échantillon du CRI (7 immigrants investisseurs et entrepreneurs) + l’étude de Fortin-Ware (167 immigrants investisseurs en octobre 2010), les immigrants investisseurs nous seront référés principalement par les intermédiaires financiers autorisés qui ont accepté de nous appuyer.

***MÉDIAMOSAÏQUE: Dites-nous Mme Rimok comment Kathleen Weil a-t-elle réagi à votre projet d’encadrer les immigrants investisseurs?
Patricia Rimok: La réponse de la ministre était de nous dire que IQ(Investissements Québec) et le MICC(Ministère de l’Immigration et des communautés culturelles) travaillaient sur un projet pilote d’accompagnement mais elle n’a pu élaborer sur le projet.

 

***MÉDIAMOSAÏQUE: Vous allez-vous passer à l’action, quand et comment?

Patricia Rimok:Comme première démarche, nous avons lancé le site web www.ib2ib.net réseau d’affaires immigrant qui se veut dans sa première phase un forum de partage et d’échange pour les immigrants d’affaires et plus particulièrement les immigrants investisseurs.

Nous annoncerons dans les prochaines semaines la liste de nos collaborateurs.

 

***MÉDIAMOSAÏQUE: Bonne chance Mme Rimok
Patricia Rimok: Merci à vous

Sur le même sujet: Patricia Rimok lance officiellement IB2IB, un « Réseau d’immigration affaires »

 

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