Dany Laferrière, rejoint-il l’élite et non «la masse» de la communauté haïtienne?(HOMMAGE)

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C’était plutôt un public «sélect», autrement dit, le gratin et non le commun des mortels de la communauté qui avait fait le déplacement pour rendre hommage à Dany Laferrière le mercredi 22 septembre dernier, avait constaté sur place un journaliste de l’Agence de presse «Média Mosaïque».

La salle Picasso du Complexe Cristina, dénommé affectueusement «temple de la communauté», était remplie, mais pas bondée (environ 200 personnes). Une assistance qui contrastait avec l’affluence générée au même endroit par les récentes publications du pasteur-docteur Jean Fils-Aimé dont les titres sensationnels sur le vaudou avaient fait courir les foules (gens scolarisés et incultes confondus).

Pourtant, c’était la première initiative intracommunautaire destinée exclusivement  à cette icône dont la notoriété déborde les frontières québécoises et canadiennes. À date, la Fondation Fabienne Colas demeure le premier organisme haïtien à avoir pris, de façon solennelle, le soin de glorifier le personnage respectable et respecté dans sa patrie d’adoption.

Une invitation qui  a fait recette notamment auprès de cadres, d’intellectuels, de professionnels issus tant du secteur privé que du public, de leaders d’opinion, d’amis de la société d’accueil, avions-nous observé sur les lieux de l’événement.

Laferrière: «ce contact direct avec la communauté m’avait grandement manqué»

Jouant les modestes en dépit de la légende entourant son art et son parcours, le prolifique romancier au verbe prompt et provocateur  était à court d’épithètes ce soir-là pour qualifier ce geste de la No un Fondation Fabienne Colas, dont elle a vanté l’efficacité et la générosité,  à son endroit.

«On a eu une conversation franche, agréable, et cela fait plus d’une heure depuis que je suis en train de signer l’ouvrage (L’énigme du retour) à ces gens qui ont accepté de payer pour m’écouter», a confié l’auteur qui a volé quelques minutes à  la file de lecteurs qui attendaient son précieux autographe pour répondre aux questions de «Média Mosaïque».

«Ce contact direct avec la communauté m’avait grandement manqué. Je l’avais vécu en affection, mais il fallait le retrouver dans la réalité», a plus loin avoué l’auteur à qui une plaque honneur et mérite a été offerte par la présidente de la fondation du même nom. Fabienne Colas lui avait d’ailleurs dédié toute la 5e édition du Festival international du film haïtien (FIFHM)et la 1ère du Festival international du film black de Montréal (FIFBM).

«Ils sont à l’intérieur des livres, c’est leur réalité même que je décris, c’est important  pour un écrivain de savoir que les gens pour qui il écrit se retrouvent dans ses œuvres», a interprété celui qui s’est attiré les feux des projecteurs au-delà de la planète francophone par le sulfureux titre «Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer».

Bilan de la 5e FIFHM et de la 1ère FIFBM

Plutôt que de rester hermétique à sa culture d’origine, Mme Colas qui a fait un généreux clin d’œil  au monde noir du septième art en général via le lancement cette année du FIFBM, a fait part de sa satisfaction en entrevue à l’Agence de presse «Média Mosaïque».

Si elle n’a pas nié que des efforts supplémentaires doivent être consentis de la part de son staff pour que davantage de cinéphiles assistent aux projections sélectionnées dans le cadre de son festival, Mme Colas capitalise surtout, et nous la citons, sur «l’enthousiasme senti par rapport à ce nouveau concept de film black».

«De plus en plus de gens adhèrent au concept et se rendent finalement compte que les Noirs, peu importe leurs origines sur la planète, font face à des réalités communes. Ça permet de mieux se comprendre, de s’unir, ça apporte beaucoup plus de diversité aussi. Regardez comment les Haïtiens étaient fiers de l’élection d’Obama, alors qu’Obama n’est pas un Haïtien! Qu’on le veuille ou non, le rayonnement d’un Noir  nous affecte tous. On a trouvé la plateforme pour partager et vivre en cinéma toutes les réalités du monde noir», s’est vantée Fabienne Colas.

La présidente du FIFBM se dit convaincue que cette ouverture va faciliter des partenariats entre les professionnels et les organismes. Car, a-t-elle confié, des échanges ont été amorcés entre les acteurs d’ici, de France, des Antilles, d’Afrique et d’ailleurs avec nul autre que Jimmy Jean Louis, l’étoile haïtienne d’Hollywood, par exemple. La présence de dernier a été très remarquée lors de son passage au Festival international du film black de Montréal (FIFBM).

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PHOTOS MEDIAMOSAIQUE.Com/Cr Hubert Molaire (Images prises lors de la soirée Hommage à Dany Laferrière organisée par la Fondation Fabienne Colas le 22 septembre 2009 à la salle Picasso du Complexe Cristina)