L’abolition du CRI n’est pas un recul pour la diversité, dixit Yolande James

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Yolande James ne fait pas partie de ceux qui condamnent la fermeture du Conseil des relations interculturelles (CRI). Au contraire, dans une entrevue exclusive accordée à l’Agence de presse «Média Mosaïque», la ministre apporte sa bénédiction à cette mesure qui s’inscrit dans le cadre des coupes budgétaires consécutives à l’adoption du budget controversé du ministre André Bachand.

 

«Un souhait de la population»

Même si elle dit «saluer l’excellent travail réalisé par le CRI depuis fort longtemps», la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles a tout d’abord pris le soin de préciser que «cette décision est une réponse aux souhaits de la population qui nous a demandé de poser un certain nombre de gestes courageux».

«Si nous voulons assurer la pérennité des programmes sociaux aux citoyens, il faut faire les choses différemment», a justifié ensuite Mme James qui informe que cet avertissement provenait parallèlement de la présidente du Conseil du trésor qui avait interpellé le gouvernement en ce sens.

Créé en 1984, cet organisme, dirigé par Patricia Rimok, avait notamment «pour fonction de conseiller le ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles sur toute question relative aux relations interculturelles et à l’intégration des immigrants, notamment pour favoriser le rapprochement interculturel et l’ouverture au pluralisme».

 

Le MICC pour suppléer au vide

Ce vide sera comblé par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles, a rassuré Yolande James qui a laissé entendre que le mandat du MICC a pas mal évolué. «Au cours des cinq dernières années, on peut observer un changement notoire dans la mission même du ministère», a estimé la députée libérale de Nelligan.

«Notre mission est de recentraliser tout ce qui concerne l’immigration, l’intégration, mais aussi les relations interculturelles et notre plan d’action sur la diversité qui a une valeur ajoutée va directement en ce sens-la. Alors, à bien des égards, on vient en quelque sorte assumer le rôle et la mission du Conseil des relations interculturelles», a expliqué la plus jeune ministre du gouvernement Charest.

 

«On ne recule pas on avance»

Invitée à dire, ne s’agit-il pas d’un recul le fait d’abolir un organisme comme le CRI? La ministre de répondre, «au contraire!». Yolande James insiste pour dire qu’«il s’agit d’une démonstration de l’évolution du ministère face au rôle qui était assigné au CRI . Le ministère a développé des expertises non seulement dans les politiques d’immigration et d’intégration, mais aussi sur le plan des relations interculturelles».

«La politique du ministère que j’ai annoncée est unique dans le Canada où l’on se dote d’un plan d’action et une politique pour gérer la diversité afin d’intégrer et puis retenir l’expertise dans tout ce qui porte sur les relations interculturelles. Au contraire, ce n’est pas un recul, on avance, on suit l’évolution des choses», a rectifié Mme James.

 

Une tâche de plus au mandat du MICC, déjà débordé…

Questionnée là-dessus lors de cet entretien, la ministre informe que «le budget du ministère a été revu à la hausse». Elle dit «comprendre les réactions de certaines personnes qui désapprouvent cette décision, mais il faut aussi reconnaître que le ministère a beaucoup changé depuis la création du Conseil des relations interculturelles», s’est défendue la ministre.

Estimant que le gouvernement Charest travaille dans l’intérêt de la clientèle ciblée par son ministère et se basant également sur le montant excédentaire alloué au MICC dans le cadre de ce budget, Yolande James interprète cela «comme un geste de plus prouvant que l’immigration constitue un levier de développement pour le Québec» aux yeux des autorités.

«On a pris des décisions pas juste pour le présent mais pour l’avenir du Québec», a conclu la titulaire du MICC qui tente de faire croire que «l’abolition de cet organisme ne veut pas dire qu’on va diminuer nos services envers les communautés immigrantes, au contraire!».

 

 

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PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com (À gauche, la présidente du Conseil des relations interculturelles, Patricia Rimok, à droite, la ministre de l’immigration et des Communautés culturelles et députée de Nelligan, Yolande James)