Immigration: un lourd fardeau pour les villes

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Contraintes de répondre aux besoins primaires des nouveaux arrivants alors qu’elles ne sont pas consultées dans l’élaboration des politiques d’immigration, les villes lancent un cri d’alarme par le biais de la Fédération canadienne des municipalités (FCM).

 

 

 Dans son rapport émis la semaine dernière, la FMC dit constater que «la plupart des immigrants récents ont de grandes difficultés à rattraper les autres Canadiens, tandis que les municipalités manquent de fonds pour répondre aux besoins courants des nouveaux arrivants et pour prendre les mesures nécessitées par l’évolution dans les tendances d’établissement des immigrants».

En fait, il s’agit du cinquième rapport thématique de la Fédération canadienne des municipalités, paru dans la série des «Rapports sur la qualité de vie» traitant de la question  «Immigration et diversité dans les villes et les collectivités canadiennes».

Selon Jean Perrault, président de la FCM et maire de Sherbrooke (Québec), «le rapport montre qu’une nouvelle démarche concertée s’impose à l’égard des politiques d’immigration et de l’établissement des immigrants».

S’il reconnaît que «les immigrants font un apport essentiel au Canada et à nos collectivités», M. Perrault déplore paradoxalement le fait que ces derniers «doivent surmonter de grandes difficultés» pour survivre.

«Ce sont d’abord vers les gouvernements municipaux qu’ils(les immigrants) se tournent pour obtenir de l’aide et, pourtant, les gouvernements municipaux ne sont nullement consultés en matière de politiques et de programmes d’immigration et n’ont pas suffisamment de moyens pour leur fournir les services requis. Il faut que cela change», a plaidé le président de la FMC.

Le président de la FMC, d’ajouter, «dans la conjoncturelle actuelle, il deviendra encore plus urgent d’agir,a dit M. Perrault. Comme de nombreux autres Canadiens, les nouveaux arrivants auront plus de difficulté à se trouver un emploi et à le garder, ce qui aggravera les problèmes sociaux et familiaux. Ils auront besoin des services municipaux au moment même où les municipalités sont aux prises avec larécession et les besoins croissants de la population».

Rappelons que la Fédération canadienne des municipalités (FCM) est la voix nationale des gouvernements municipaux depuis 1901. Appuyée par plus de 1 775 gouvernements municipaux membres représentant 90 pour cent des Canadiens, la FCM est formée tant des plus grandes villes que des collectivités urbaines et rurales de petite taille ainsi que des 18 associations provinciales et territoriales de municipalités.