Immigration: Ottawa part en guerre contre les passeurs de clandestins

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Si ce projet de loi des Conservateurs passe, il reviendra au ministère fédéral de la Sécurité publique de juger si la voie empruntée par un réfugié pour fouler le sol canadien est irrégulière. Et si tel est le cas, ce dernier sera sanctionné d’une manière ou d’une autre par la loi, de même que les passeurs.

Une période de cinq années de probation sera nécéssaire pour étudier la requête d’un demandeur d’asile et ce dernier sera contraint de rester au Canada tant et aussi longtemps que son dossier est à l’étude. Le demandeur ne poura non plus faire une demande d’immigration pour ses proches au cours de cette période.

Lors d’une allocution prononcée devant le navire transportant des migrants illégaux, le Ocean Lady, à Vancouver, les ministres Vic Toews (Sécurité publique) et Jason Kenney  (Citoyenneté, Immigration et Multiculturalisme), ont annoncé le dépôt dudit projet de loi visant à accroître, selon eux, «la capacité du Canada de poursuivre les passeurs de clandestins».

Ci-dessous, quelques-unes des mesures annoncées par les ministres dans ce condensé reçu par voix de communiqué à la rédaction de l’Agence de presse «Média Mosaïque»: 

o       veiller à ce que les migrants illégaux qui obtiennent le statut de réfugié ou de personne protégée fassent l’objet d’une nouvelle évaluation dans un délai de cinq ans, afin de déterminer s’ils ont toujours besoin d’une protection ou s’ils peuvent être renvoyés dans leur pays d’origine.

o       veiller à ce que les personnes qui entrent illégalement au Canada grâce à des opérations de passage de clandestins ne reçoivent pas des soins de santé supérieurs à ceux offerts aux Canadiens;

o       veiller à ce que les réfugiés ou les demandeurs d’asile qui sont entrés illégalement dans notre pays n’aient pas le droit d’y retourner s’ils retournent dans leur pays d’origine ou si, par d’autres moyens, ils démontrent ne pas avoir véritablement besoin de la protection du Canada;

o       empêcher les migrants illégaux de parrainer des membres de leurs familles pendant une durée de cinq ans. »

À noter que, Stephen Harper a nommé également un conseiller spécial sur le passage de clandestins et la migration illégale, M. Ward P.D. Elcock. Ce dernier a pour mandat de faire connaître l’engagement du Canada aux gouvernements des pays d’origine et de transit et aux états partenaires, ainsi que dans le cadre des forums régionaux et internationaux sur le passage de clandestins.

Soulignons que les partis d’opposition, de même que les organismes voués à la défense des réfugiés, ont dénoncé à l’unisson la sévérité des mesures annoncées par les Conservateurs. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que l’adoption d’un tel projet de loi demeure hypothétique au cas où ces derniers refusent de l’amender.

 

PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com/Cr Google ( Les ministres fédéraux Vic Toews (Sécurité publique) et Jason Kenney  (Citoyenneté, Immigration et Multiculturalisme) du Canada. En-dessous, le logo du Parti Conservateur)