Haïti/Séisme: une affiche à ne pas rater réactualise le drame

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – Près d’une décennie après ce drame qui avait ému et retenu l’attention de la planète entière, on y remet les projecteurs au Québec ce samedi 12 janvier 2019. En effet, sous la houlette du poète Arol Pinder, une dizaine d’artistes s’apprêtent à redonner vie aux 300 000 disparus du cataclysme sans nom qui avait endeuillé la «Perle des Antilles».

Tout en contextualisant le drame via notamment le droit d’asile qui est refusé, par les temps qui courent, en Occident, au Canada en particulier, à bon nombre de ressortissants haïtiens dont leurs proches sont touchés directement ou indirectement par le séisme, Arol Pinder nous plonge dans son univers et dans celui de son équipe.
À environ 72 heures de ce grand récital de commémoration qui se déroulera à la Salle Marguerite-Bourgeoys du Collège Régina Assumpta, l’initiateur de cet hommage livre ses impressions à la Rédaction de l’Agence de presse Médiamosaïque en nous faisant visiter les coulisses des préparatifs.
Les Trois (3) Questions de la Rédaction à Arol Pinder:

MÉDIAMOSAÏQUE ⁃ Tout un spectacle en guise d’hommage aux disparus du 12 janvier, dites-nous un peu plus, Arol Pinder, sur «Pawol pou yo», de ses premiers balbutiements à sa concrétisation dans environ 72 heures?

AROL PINDER: Pawol pou yo!  La trame narrative, certes, écrite en prose, a surgi comme un flot. Et je l’ai écrite d’une traite.Cependant, il ne s’agissait pas du tout de récital dans mon plan. Je n’écris jamais à dessein. Je suis plutôt patient dans mes activités littéraires, je ne m’empresse pas.  Toutefois, je désirais porter ma voix au monde des disparus, arracher leurs dernières paroles ou cris testamentaires pour les porter à la mémoire des leurs, des nôtres. Et plus je passais du temps avec eux,  je m’apercevais tout aussi solidaire de ceux et celles dont on dit qu’ils sont morts que je ne le suis des soi disant vivants.

Après 6 mois de travail sans relâche, j’ai soumis mes papiers à un ami québécois; enfin, monsieur Gilbert Patenaude, pour ne pas le nommer. Et lui, plus fou que moi, a commis l’imprudence de tout retranscrire en partitions musicales savantes. Il m’a fait cet aveu que voici par écrit :  » cher Arol, ton long poème est peut-être un des plus beaux et puissants textes que je n’ai jamais lus dans ma vie  » ! C’est donc aux yeux de cet ancien directeur musical et artistique de La maitrise des Petits chanteurs de Mont-royal; aux yeux de ce professeur de chants et de musiques classiques à plusieurs institutions académiques de la ville de Montréal et de ses environs, que ma modeste contribution littéraire a trouvé l’insigne grâce.
Comme si ce n’était pas suffisant, il a entrepris les démarches tant administratives qu’artistiques pour que le tout soit représenté sur scène. Ça, c’est un miracle! Et pourtant, j »ai écrit à l’instar d’Alexandre Pouchkine que certes  je hais mon pays de la tête au pied, mais je déteste l’étranger qui partage mon avis, rires….! Évidemment, vous convenez avec moi qu’une telle haine est précisément l’expression vive du grand amour de la terre natale! D’ailleurs, détester est davantage mortifère que haïr.
Bref, C’est à Gilbert que je dois tout ça, après le Secours du Bon Dieu, de qui viennent tout don et toute grâce!
MÉDIAMOSAÏQUE ⁃ Parlez-nous un peu du déroulement et de la manière dont vous allez vous y prendre pour faire passer le message?
AROL PINDER: Quant à samedi prochain, le récital prendra formes, sons et couleurs très liturgiques. Je crois à l’écoute de la parole-fleuve, ininterrompue. Ma poésie est marquée fortement d’acens épistolaires et d’oraisons à l’ancienne. 
Pawol pou yo, vous l’aurez compris, sera une célébration des mémoires vivantes en dépit même de l’entorse qu’a causée le séisme d’il y a 9 ans.
MÉDIAMOSAÏQUE ⁃ Neuf ans après ce drame, comment l’actualiser en fait et pourquoi faut-il participer et être solidaire d’une telle démarche?
AROL PINDER: Ce spectacle, c’est aussi une alarme en faveur des compatriotes qu’on renvoie dans des conditions humiliantes et d’autres frères et sœurs infortunes, étrangers outre atlantiques à qui on refuse le droit d’asile.

Enfin, participer à cette cérémonie de la parole poétique, ce sera rappeler à la conscience humaine qu’il est encore possible de créer des ponts du vivre ensemble en paix dans le refus systématique d’ériger des mûrs entre les humains.
«Pawol pou you», une parole pour eux, est aussi et surtout une parole de soi à l’autre. Autrement dit, si le mot altérité a encore un sens, c’est précisément ici qu’il le prend.
Merci.

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