Des frissons, de l’émotion à fleur de peau au «Gala d’excellence» (JCCH-LAURÉATS 2010)

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MONTRÉAL – Samedi 13 mars 2010, en début de soirée, l’émotion avait une ville: Montréal. Et les frissons, un endroit précis: l’Ex-Centris. Environ 250 personnes y avaient pris place pour assister au «Gala d’excellence» de la JCCH. Un événement d’importance conçu par ce regroupement de jeunes professionnels et d’entrepreneurs pour dénicher les têtes d’affiche de la communauté haïtienne.

De nouveaux «leaders» émergent

Des visages, pour la plupart inconnus du grand public, ont, en effet, brillé lors de cette soirée. À part le documentariste Will Prosper, élu «jeune leader politiquement engagé» 2010, dont l’aura s’est imposée grâce à sa fougue et à son militantisme notamment dans l’affaire Villanueva, les autres candidats, ayant remporté les catégories chaudement disputées, demeurent, pour plus d’un, des découvertes.

Tout d’abord, le producteur de la maison de production Jimmy Lee, Richard Jean-Baptiste, s’est vu mériter le titre de «jeune entrepreneur de l’année», tandis que Katheline Jean-Pierre, directrice principale nationale, marketing, chez Deloitte, a été proclamée «jeune professionnelle».

Le choix du jury s’est porté, en revanche, sur Marie-Laure Landais, qui officie à titre de chargée de projet au Forum jeunesse de l’île de Montréal, pour la catégorie «jeune leader socialement engagé». Doublement primée, Marie-Laure a été celle pour qui le public a le plus voté sur le Web. Ce qui lui a valu le prix «coup de cœur» 2010.

Quant au «prix de la relève», il revient cette année à Marie-Sarah Raynaud. Les organisateurs de la soirée décrivent cette élève, qui fréquente l’école Louis-Joseph-Papineau en classe de 5e secondaire, comme une «étudiante assidue». On informe également que Marie-Sarah est une boursière 2009 de l’Association des enseignants haïtiens du Québec (AEHQ).

Deux compétiteurs de taille étaient, d’un autre côté, en lice pour le «prix diversité» qui  a été finalement attribué à la Banque Nationale. Celle-ci a d’ailleurs reconnu, par la voix d’un de ses représentants ayant reçu le trophée des mains de la ministre de l’Immigration,Yolande James,  que la BN avait pour vis-à-vis une adversaire coriace en matière de diversité, en l’occurrence, la Banque TD.

 

D’autres personnalités honorées

Par ailleurs, la Jeune chambre de commerce haïtienne a pris le soin d’honorer des personnalités qui se sont distinguées dans la communauté et dans la société d’accueil au cours de l’année 2009. Une plaque a été remise en ce sens aux conseillers municipaux d’origine haïtienne Frantz Benjamin, Monica Ricourt et Esther Salomon.

Dans la même veine, les accomplissements d’éclat de l’écrivain Dany Laferrière, du Dr Jean-Claude Fouron, du professeur Samuel Pierre, du boxeur, champion du monde, Jean Pascal, du président de Sid Lee Bertrand Cesvet, de l’historienne Alexandra Philoctète, tout comme ceux de la No un de la FIQ, l’infirmière Régine Laurent, ont été ovationnés et ont mérité une distinction honorifique.

 

L’ombre d’«Haïti chérie» dans la salle

Il faut dire que si l’objectif premier de cet événement consiste à valoriser les talents de ces jeunes qui s’épanouissent de façon exemplaire dans la société québécoise, l’ombre de la mère-patrie, Haïti, a fortement plané sur la 3e édition, avait constaté sur place un journaliste de l’Agence de presse Médiamosaïque.

Une minute de recueillement, sur demande du député de Viau, a été observée en mémoire des 220 000 victimes du tremblement de terre qui a ravagé Haïti. Un poème en langue créole introduit par Emmanuel Dubourg a permis à l’assistance, majoritairement d’origine haïtienne, de renouer avec ses origines.

Critiquée ordinairement pour sa tiédeur, sa frilosité ou pour sa relation pas assez fusionnelle avec Haïti,  qui souffre, comme on le sait, depuis des lustres, d’une très mauvaise presse à l’étranger, cette jeunesse québécoise d’origine haïtienne s’est sentie interpellée de façon inédite, depuis le séisme, par la douleur indescriptible du pays d’origine de leurs parents. D’ailleurs, mis à part le marathon organisé par la JCCH qui avait permis d’amasser plus de 40 000 dollars récemment, une partie des fonds, recueillis lors du gala, sera acheminée aux sinistrés, avions-nous appris.

 

Innovation ou touche particulière?

À noter que, le Gala d’excellence, dans sa version 2010, a tranché avec les précédentes éditions. Tout d’abord, mentionnons que l’espace physique choisi pour la tenue de la soirée, une salle obscure conventionnelle de cinéma, a ingénieusement permis aux organisateurs d’orienter les regards des gens dans l’assistance absolument vers le podium, là où l’action se passe.

Soulignons enfin, côté animation, que les convives ont chaudement applaudi la participation du groupe konpa, encore peu connu, mais qui mérite fortement de l’être, «Ambiance créole». Un style de co-animation improvisé, entre autres, par la présidente de la JCCH, Kerlande Mibel, dont l’humour décapant est désormais familier, a également épicé le déroulement de cette nouvelle édition.

***Trois (3) questions de Médiamosaïque, les mêmes,  à la ministre de l’Immigration Yolande James, au député de Viau Emmanuel Dubourg et au consul Pierre-Richard Casimir :

  • Yolande James «complètement sous le charme»
  • Dubourg partagé entre peine pour les victimes et espoir pour la relève
  • Pierre-Richard Casimir «agréablement impressionné»
  • Des frissons, de l’émotion à fleur de peau au «Gala d’excellence» (JCCH-LAURÉATS 2010)
  • «Gala Vision et Inspiration»2010 : le rendez-vous d’excellence de la communauté africaine s’amène
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    PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com/Cr JCCH (Les lauréats 2010 du Gala d’excellence de la Jeune chambre de commerce haïtienne. De gauche à droite: Richard Jean-Baptiste, Kathlenine Jean-Pierre, Marie-Laure Landais et Will Prosper)