Fermeture de Steve-Anna: colère dans la communauté haïtienne

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ST-MICHEL (MÉDIAMOSAÏQUE) – S’ils en disposent déjà de très peu, les Haïtiens vont devoir composer avec une enseigne de moins avec la disparition de Marché Steve-Anna, une référence vieille pourtant d’environ trois décennies dans le domaine de l’alimentation dans la communauté haïtienne à Montréal.

Où sont les repreneurs?

La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre. Sur Facebook, où l’un des initiateurs d’une campagne dénommée « Consommons haïtien« , Greg Excellent, a annoncé la nouvelle, de nombreux Haïtiens ont réagi en donnant l’impression d’avoir encaissé un dur coup. Dépassés par les événements, certains suggèrent malgré tout des solutions.

« Wow! C’est une partie du patrimoine de la communauté qui s’en va. Il faudrait voir s’il n’y aurait pas de repreneurs », a proposé James Rezile, dont les propos ont été repris par Pierre Mervil qui s’est demandé pourquoi des entrepreneurs ne se manifestent pas « pour l’acheter et faire quelque chose de mieux? »

Où est la relève?

D’autres ont plutôt dénoncé le je m’enfoutisme d’une relève bardée de diplômes mais hyper-complexée: « nous sommes  » hautement formés », mais nous sommes pas des créateurs d’emplois . Nous sommes parmi les communautés ayant le plus haut taux de chômage. Pas de relève dans les entreprises de nos parents, parce que « nous sommes formés ».. Réveillons-Nous!», fulmine Bobby Zéphyrin.

Ce à quoi Greg Excellent a répondu, et nous le citons: « il faut un camp du OUI ! Il faut un camp du OUI pour développer des entreprises de notre communauté, les aider à progresser, les encadrer (…) pour dire oui à la réduction de notre taux de chômage, un camp du oui pour laisser tomber le défaitisme! »

Interpellé par «la sollicitude exprimée», l’un des copropriétaires de l’entreprise, Steve Jecrois, s’en lave les mains. « Anna et moi sommes touchés par toute cette manifestation d’appréciation. Merci. Merci à tous nos clients, ces chers clients qui de leur soutien ont permis à Marché Steve-Anna de tenir 29 ans », s’est contenté de remercier Jecrois.

Des Arabes s’imposent…

À noter que Steve-Anna, dont le casse-croute du même nom va demeurer en activité, n’est pas le seul à vivoter chez les Haïtiens dans le domaine de l’alimentation. L’arrivée de nouveaux joueurs, notamment quelques grossistes plus fortunés de la communauté arabe, font voir de toutes les couleurs aux entrepreneurs haïtiens incapables de faire face à la musique.

Plusieurs des Haïtiens ayant réagi sur Facebook questionnent le manque de solidarité qui est, selon eux, criant, dans la communauté haïtienne.  « Notre problème (c’est qu’) un Italien va marcher 2 km pour aller acheter dans un marché italien, la plupart des Haïtiens font le contraire », a comparé Vicki Adolf


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