Décès de l’ex PM du Québec Bernard Landry

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VERCHÈRES (MÉDIAMOSAÏQUE Avec QMI)

VERCHÈRES | L’ex-premier ministre Bernard Landry s’est éteint avant d’avoir pu voir réaliser son plus grand rêve: l’indépendance du Québec. Il est décédé mardi à 11 h 30, à l’âge de 81 ans, a-t-on appris. Il aura toutefois contribué à l’édification d’un Québec moderne.

Né à Saint-Jacques, près de Joliette, en 1937, Bernard Landry a été vice-premier ministre du Québec de 1994 à 2001 puis premier ministre du Québec de mars 2001 à avril 2003.

La carrière de Bernard Landry – reportage
Son passage à la tête du l’État québécois a entre autres été marqué par la signature de la Paix des Braves, une entente avec le Conseil des Cris sur le développement des ressources du Nord québécois. Il a été chef de l’opposition officielle du 29 avril 2003 au 6 juin 2005, date de sa démission à la suite d’un vote de confiance qu’il avait jugé insuffisant, lors d’un congrès de son parti.
Bernard Landry laisse dans le deuil sa conjointe, Chantal Renaud, et les trois enfants qu’il a eus avec sa première femme, la juge Lorraine Laporte, emportée par un cancer en 1999, ainsi que plusieurs petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Malgré son départ de la politique active, ce témoin privilégié de l’histoire des 50 dernières années du Québec continuait d’intervenir publiquement sur l’actualité politique et/ou économique. Il avait appuyé l’ex-chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau dès l’entrée en politique de ce dernier.

Après avoir quitté la politique, il est devenu conseiller stratégique au sein du cabinet d’avocats montréalais Lapointe Rosenstein, puis professeur à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal. Il a aussi été chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM et professeur invité à l’École polytechnique de Montréal.

M. Landry a détenu plusieurs portefeuilles ministériels importants sous les gouvernements péquistes de René Lévesque, Pierre Marc Johnson, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.

Il s’est joint au Parti québécois en 1968 et après deux échecs en 1970 puis en 1973, il est élu pour la première fois en 1976 dans la circonscription de Fabre, réélu dans Laval-des-Rapides en 1981, puis défait dans cette dernière circonscription en 1985 alors que le PQ s’était retrouvé dans l’opposition. Il avait alors animé une émission de télévision et enseigné à l’UQAM jusqu’à son retour à Québec en 1994, cette fois comme député de Verchères. Il a été réélu en 1998 et en 2003.

Bernard Landry est diplômé en droit, en économie et en finances. Il a d’abord étudié à l’Académie Saint-Louis (à Saint-Jacques) et au Séminaire de Joliette, avant d’obtenir une licence en droit de l’Université de Montréal. Il a poursuivi ses études à l’Institut d’études politiques à Paris où il a été diplômé en économie et en finances.

Au cours de sa vie, il a été distingué à maintes reprises. Commandeur de la Légion d’honneur, grand-croix de l’Ordre de la Pléiade et décoré de l’Ordre du Mérite de la Bavière, il a aussi été élevé au rang de grand officier de l’Ordre national du Québec pour sa contribution exceptionnelle à la vie québécoise et a reçu le prix Pierre-Bourgault.

BERNARD LANDRY, EN BREF

  • Né à Saint-Jacques, le 9 mars 1937
  • Il se joint au Parti québécois en 1968
  • Élu député du Parti québécois dans Fabre en 1976
  • Il devient ministre d’État au Développement économique en 1977
  • Ministre délégué au Commerce extérieur du 9 septembre 1982 au 12 janvier 1983.
  • Ministre du Commerce extérieur de 12 janvier 1983 au 16 octobre 1985.
  • Ministre des Relations internationales du 5 mars 1984 au 16 octobre 1985.
  • Ministre des Finances du 16 octobre au 12 décembre 1985.
  • Défait dans Laval-des-Rapides en 1985.
  • Coanimateur à l’émission de télévision d’affaires publiques «Le Monde magazine» en 1986 et en 1987.
  • Professeur au Département des sciences administratives de l’UQAM de 1986 à 1994.
  • Élu dans Verchères en 1994. Réélu en 1998 et en 2003.
  • Vice-premier ministre et ministre des Affaires internationales, de l’Immigration et des Communautés culturelles du 26 septembre 1994 au 2 novembre 1995.
  • Ministre des Affaires internationales du 3 novembre 1995 au 28 janvier 1996.
  • Vice-premier ministre, vice-président du Conseil exécutif et ministre d’État à l’Économie et aux Finances du 29 janvier 1996 au 8 mars 2001.
  • Ministre de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie du 29 janvier 1996 au 23 septembre 1998.
  • Ministre de l’Industrie et du Commerce du 15 décembre 1998 au 8 mars 2001.
  • Ministre des Finances du 29 janvier 1996 au 8 mars 2001.
  • Ministre du Revenu du 29 janvier 1996 au 15 décembre 1998 et du 28 avril au 10 novembre 1999.
  • Chef du Parti québécois du 2 mars 2001 au 6 juin 2005.
  • Premier ministre du Québec du 8 mars 2001 au 29 avril 2003.
  • Chef de l’opposition officielle du 29 avril 2003 au 6 juin 2005.

QUELQUES CITATIONS DE BERNARD LANDRY

«L’indépendance du Québec est non seulement un objectif, mais aussi un devoir. Les nations qui peuvent être libres doivent l’être […]. Une cause aussi noble ne peut pas être abandonnée».


«Je suis progressiste et non un socialiste».


«L’indépendance en soi n’est ni à gauche, ni à droite, elle est en avant».


«C’est évident, il y a d’autres partis indépendantistes que le PQ. Ce qui compte, c’est qu’il y ait une convergence, que les indépendantistes se soutiennent les uns les autres. Pour le reste, chacun son orientation».


«Tout le reste de ma vie politique sera marqué par le désir d’accéder à ce rêve».


«On ne devient pas Québécois uniquement par la langue. On devient Québécois de plus en plus et aussi par la culture.»


«Il faut faire comprendre aux immigrants que le Québec est un arbre multiethnique ayant un tronc culturel commun: la langue française. Depuis leur arrivée en Amérique, les Français se sont métissés aux Amérindiens, aux Irlandais, aux Haïtiens. Les nations modernes ne sont pas définies par leur ethnicité.»


«[Les immigrants] doivent savoir qui est René Lévesque, Maurice Duplessis. Ils doivent reconnaître les chansons de Félix Leclerc et de Gilles Vigneault.»


«Les partisans de la souveraineté du Québec doivent recommencer à convaincre la population des bienfaits de l’indépendance par sa promotion en utilisant les nouvelles technologies des communications.»


«Quand on est artiste, il est naturel d’être en amour avec son pays et, quand c’est le cas, on le veut libre. Aucun autre choix n’est compatible avec la dignité et la préservation de l’identité nationale.»


«La Paix des Braves, c’est un modèle, tellement que les Nations unies s’en sont inspirés pour la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples».

 

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