Bombay/Attentats: colère dans la communauté indienne

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«Déception et colère», tels sont les mots qui traduisent l’état d’esprit des membres de la communauté indienne du Québec suite aux attentats sanglants de Bombay.

Qui sont ces extrémistes?

«Je ne connais pas le background de ces gens, mais ce sont des groupes faiblement scolarisés ou pas, voyant très peu de possibilités de réussite devant eux, facilement manipulables, qui s’associent et font cause commune avec ces malfaiteurs», a décrit le collaborateur de l’Agence de presse «Média Mosaïque» dans la communauté indienne de Montréal, Shanmugasunder Chetty.

«Ils sont probablement soutenus par des segments de la population très affectés par la pauvreté et qui deviennnent des proies faciles à ce genre de causes», a commenté M.Chetty.

Né au Québec, mais bien imbu de la réalité du pays de ses parents, le professionnel québécois, Shanmugasunder Chetty, ne croit pas que les auteurs de ces massacres bénéficient du soutien d’une bonne frange de la population
indienne.

Selon lui, «très peu de Québécois d’origine indienne ont un proche directement touché», même s’ils sont nombreux à être affectés par ces horreurs que bon nombre d’Indiens croyaient révolus.

Identité ou origine des victimes?

«Les terroristes ont attaqué à des lieux qu’on croyait intouchables. Car c’est des hôtels de très grand luxe qui ne sont pas à la portée de l’Indien moyen», a-t-il précisé.

À son avis, «à la gare de train, n’importe qui pourrait se trouver lors des attaques, mais il faut vraiment faire partie de la haute bourgeoisie pour se trouver dans ces hôtels, dont le coût d’une chambre peut dépasser 1000 dollars canadiens par jour».

Coup dur pour l’image du pays

En s’attaquant à des Britanniques, des Américains et à des étrangers, M.Chetty pense que ces terroristes ont porté un coup sévère à l’image du pays à l’étranger.«Ça va avoir de profondes répercussions sur le plan économique», croit-il.

«Le timing ne pouvait être plus que mauvais, parce que l’Inde, économiquement, se portait assez bien et les spécialistes annonçaient même que le pays était sur la voie d’obtenir une croissance en 2008», a-t-il analysé.

La main du Pakistan voisin?

«Malheureusement, il y a des gens en Inde qui sont toujours prêts à voir la main du Pakistan dans ce genre d’événements», a déploré Shanmugasunder Chetty qui ne «croit pas que le gouvernement du Pakistan soit l’auteur de ces actes».

S’il admet que des groupes musulmans terroristes s’organisent en Inde ou au Pakistan, M.Chetty souligne toutefois «que les Pakistanais combattent des groupes extrémistes dans leur propre pays».