Bernard Landry, a-t-il peur d’un Québec multiethnique?

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MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – L’imminence d’un Québec multiethnique, comme les récentes études de Statistique Canada le prédisent, ne devrait pas effrayer le groupe majoritaire que forment les Québécois francophones, communément appelés  «Québécois de souche», a rassuré l’ex-premier-ministre du Québec, Bernard Landry.

Dans une entrevue exclusive accordée à l’Agence de presse Médiamosaïque, M. Landry, qui est devenu professeur à l’UQÀM et à Polytechnique, a confié que les Québécois, jeunes ou ceux de sa génération, n’ont rien à craindre, même si les statistiques annoncent qu’un Montréalais sur trois sera issu d’une minorité visible d’ici 2031.

Âgé aujourd’hui de 73 ans, l’ex-député de Verchères  se dit favorable  à l’épanouissement de la diversité. Il insiste toutefois pour que celle-ci s’intègre, autrement dit perméable à la société d’accueil et vice versa. Ci-dessous, le verbatim de l’entrevue de Médiamosaïque avec Bernard Landry.

 

Bonjour M.Landry
Bonjour Médiamosaïque

*QUESTION : Statistique Canada prévoit que le visage du Canada et celui du Québec en particulier vont changer, cependant on sent que la nouvelle a dérangé certains, qu’en pensez-vous?

Bernard Landry : Je pense qu’on a besoin d’immigrants pour des raisons fraternelles, humaines et, il ne faut pas le cacher, je pense qu’on a besoin également d’immigrants ici au Québec pour des raisons économiques.

*QUESTION : Qu’est-ce que les immigrants n’ont pas fait ou qu’est-ce qu’ils doivent faire pour que leur nombre, qui grandit sérieusement, n’inquiète pas trop les Québécois «de souche»?

Bernard Landry : je pense que ces immigrants quand ils changent de pays doivent changer. Ils doivent s’intégrer le plus profondément possible dans notre Québec  qui est un pays de non-discrimination, de fraternité mais d’unité nationale en même temps.

*QUESTION : Avez-vous la conviction que les Québécois de «souche» ont sérieusement quelque chose à craindre?

Bernard Landry : Le Québec est l’un des pays les plus accueillants de la terre en matière en matière d’immigration et qui rend la vie la plus facile aux immigrants même que pendant longtemps on était trop conciliants parce qu’il n’y avait pas de Loi 101, les immigrants pouvaient envoyer leurs enfants à l’école anglaise, maintenant c’est réglé. Les premières victimes de la non-intégration c’est les immigrants, alors c’est pour ça qu’il faut les intégrer fraternellement.

*QUESTION : On voit que la problématique de l’immigration devient sporadiquement une patate chaude entre les mains de l’actuel gouvernement, êtes-vous satisfait de la gestion de ce dossier?

Bernard Landry : Ils ont été négligents, ils font n’importe quoi, ils changent d’idée du soir au lendemain, alors c’est pas le meilleur gouvernement pour gérer cette question. À l’époque des gouvernements antérieurs, on pratiquait la convergence culturelle aussi bien les libéraux que nous (péquistes) et ça donnait d’assez bons résultats, mais le défi est encore à venir.

*QUESTION : Dites-nous M.Landry, n’avez-vous pas le sentiment qu’il y a encore au Québec des gens qui pensent que pour être Québécois il faut parler «joual » et être blanc de peau?

Bernard Landry : Moi, l’origine ethnique ne me dérange d’aucune espèce de façon. Maka Kotto député du PQ, né auCameroun, partage la même culture que moi, le même amour du Québec. C’est pas l’origine ethnique qui compte c’est l’intégration.

*QUESTION : Mais avec le visage du Québec qui va changer et la couleur de sa population qui ne sera plus la même, n’êtes-vous pas nostalgique M.Landry?

Bernard Landry : Écoutez, si le Québec grandit en Québécois profonds en nombre, qu’ils soient nés en Afrique ou en Île d’Orléans, ça ne me dérange d’aucune espèce de façon.

Merci  M.Landry
Merci Médiamosaïque

 

PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com (L’ex-premier ministre du Québec, Bernard Landry pose pour Médiamosaïque alors qu’il venait de prononcer une conférence à l’Espace tunisien de la famille  à l’occasion du FID 2010 à Montréal)