Nombreux sont les couples mixtes au Québec. Pensez-vous que c'est facile de vivre une telle relation quand votre conjoint(e) est issu(e) d'une culture différente de la vôtre?
Commentaire de Zénon Mazur Voir le profil de Zénon Mazur

Au Texas le mariage entre une mexicaine et un blanc privait ce dernier le privilège d’appartenir aux multiples associations. Pourtant le mélange ou le croissement produit souvent de meilleurs grains. L’histoire nous a démontré encore une fois.
Pourtant le problème le plus difficile reste à résoudre. Et cela réside dans les mœurs, dans les rites et croyances, bref dans la culture des populations.
Disons que l’amour est aveugle, cependant, il est préférable de rester rationnel dans la vie. Car, dans les couples mixtes, après le temps d’euphorie, arrive la réalité de la vie quotidienne. Souvent deux problèmes surgissent: incompatibilité culturelle et confessionnelle. Quel dommage!
Commentaire de Yasmine Alloul Voir le profil de Yasmine Alloul

C’est une question très difficile à répondre étant donné que cela dépend de plusieurs facteurs : le type de culture, le nombre d’années au Québec, la religion, la langue, etc. Par exemple, un Français de France et une Québécoise ont des cultures différentes mais ils sont beaucoup plus proches l’un de l’autre qu’un Arabe et une Québécoise.
Quand on parle de couples mixtes au Québec, on parle également de couples qui ont tous les deux des origines venant d’ailleurs (exemple une personne latino-américaine en couple avec une personne asiatique). On peut aussi être né au Québec de parents immigrants et être en couple avec une personne originaire du même pays (mais né dans le pays d’origine) et avoir des cultures différentes.
De plus, la culture du Québec est différente de celle des autres provinces et celle d’un Montréalais est différente d’une personne originaire d’une région québécoise. Donc, les facteurs de différences de cultures sont multiples et il devient de plus en plus rare d’avoir des couples ayant exactement la même culture.
Ce phénomène n’est pas uniquement relié au Québec. Toronto, étant la ville la plus multiethnique au monde, a également de plus en plus de chances de voir se former des couples d’origines extrêmement opposées.
Avec la mobilité de la main d’œuvre, ce phénomène se présente de plus en plus à travers le monde, aux États-Unis, en Europe, etc. Je crois que tout réside dans les valeurs de chacun. Il est plus facile de vivre une relation avec quelqu’un qui partage les mêmes valeurs que nous peu importe sa culture que l’inverse.
Par exemple, deux personnes partageant la même religion vont être beaucoup plus sur la même longueur d’ondes peu importe leurs origines que deux personnes nées au Québec mais issues de religions différentes. De plus, la classe sociale, l’éducation, l’environnement familial, ont des rôles à jouer dans la culture des individus et non pas seulement le pays d’où l’on vient.
Je rêve d’un jour où l’on ne fera plus cette distinction de cultures et d’origines. Et ce jour-là, on dira plutôt que nous sommes tous des habitants de la terre et que nous partageons tous des valeurs de paix, de respect et de partage.
Commentaire de May Chiu Voir le profil de May Chiu

D’une manière générale, je pense que tous les couples ont assez de défis à relever le fait même que les gens choisissent de vivre en couple. Maintenant, les différences culturelles augmentent le niveau de complexité dans la relation entre les membres d’un couple mixte.
À mon avis, les différences culturelles exigent que les négociations occupent une place de premier rang au sein des couples mixtes. Une autre différence se trouve dans l'existence ou non de la famille élargie, qui pourrait être une aide ou un autre défi, dépendamment du point de vue.
Être en couple mixte, dont un membre vient de la majorité et l'autre d'une minorité, pourrait aussi favoriser de l’injustice si la personne issue de la culture minoritaire doit être assimilée à la culture dominante.
Commentaire de Marjorie Théodore Voir le profil de Marjorie Théodore

Les couples mixtes sont nombreux au Québec. Pensez-vous que c’est facile de vivre une telle relation quand son conjoint(e) est issu(e) d’une culture différente de la sienne?
Au Québec, de nos jours, les jeunes se retrouvent entre eux sans barrière aucune. Ils fréquentent les mêmes écoles et se retrouvent dans les mêmes lieux de loisirs. Ils voyagent de plus en plus jeunes, soit pour approfondir d’autres langues ou tout simplement par intérêts. L’ouverture vers la culture de l’autre se fait rapidement aidée des initiatives scolaires relatives au multiculturalisme.
Avec cette ouverture d’esprit, caractéristique de nos sociétés modernes, les résistances et les barrières tombent. Aujourd’hui, les jeunes, plus scolarisés, sont mieux outillés quand ils s’engagent dans une relation conjugale avec un(e) partenaire issu(e) d’une culture différente.
Les couples mixtes actuels, en particulier, ceux de la nouvelle génération, confrontent moins de problèmes liés à une différence culturelle.
Commentaire de Shan Chetty Voir le profil de Shan Chetty

D'abord, je crois qu'il est bon d'aborder ce sujet avec un peu de perspective historique. Il y a une centaine d'années, il aurait été quasiment impensable de voir un couple mixte. Il y a une cinquantaine d'années, il y avait des couples mixtes, mais ils étaient très rares. Ce n'est que depuis une trentaine d'années qu'il est devenu normal de voir des couples mixtes. Il s'agit d'une des nombreuses transformations sociales qui continuent à façonner la société occidentale.
De nos jours, la plus grande opposition à des couples mixtes ne provient pas de la société en générale, mais plutôt des familles et des proches des personnes concernées. Je peux très bien comprendre le père musulman qui voudrait que sa fille épouse un jeune homme musulman ou la mère québécoise «de souche» qui voudrait que son fils se trouve une conjointe québécoise. Selon moi, on ne devrait pas être accusé d'intolérance ou de racisme si on désire que ses valeurs et ses coutumes soient transmises à la prochaine génération.
Justement, que devient-il des enfants de couples mixtes? J'en connais qui s'identifient parfaitement aux cultures des deux parents, j'en connais d'autres que ne s'identifient qu'à la culture d'un de leurs parents et j'en connais aussi qui rejettent les cultures des deux parents pour s'immerger entièrement dans la culture « mainstream ».
Ceci étant dit, je crois que la facilité de vivre une relation mixte dépend entièrement de la facilité de chacun des partenaires à accepter les différences de l'autre et à gérer les pressions externes qui pourraient apparaître. Ceci peut se vivre de façon très différente pour différentes personnes. Il est simplement impossible de généraliser.
En terminant, je crois qu'on doit tous se poser les mêmes questions avant d'entreprendre une nouvelle relation, que ce soit dans un couple mixte ou non. Qu'est-ce qu'on gagne? Qu'est-ce qu'on perd? Et quel est le potentiel à long terme? De nos jours, nous avons la possibilité d'essayer, d'échouer et de réessayer en matière d'amour. À chacun ses choix... en espérant qu'ils seront les bons!
Commentaire de Moïse Mougnan Voir le profil de Moïse Mougnan

Du latin mixtus ou mêlé en français, la mixité a toujours accompagné l’être humain, mais aussi les espèces animales ou végétales. Il suffit de penser seulement aux premiers colons et aventuriers, anglais, écossais ,irlandais ou autres européens venus coloniser ce vaste territoire devenu le Canada, pour mieux saisir l’ampleur du métissage dans ce pays. Territoire autrefois déjà habité, il en va de soi par des peuples péjorativement appelés Indiens devenus aujourd’hui les Premières Nations, les Canadiens d’aujourd’hui sont tous de prés ou de loin des sang-mêlé.
Le phénomène de mixité ne date guère d’aujourd’hui. De l’homo sapiens sapiens actuellement à l’homo neandertalensis, l’aventure humaine a été le fruit des rencontres, des croisements, des fusions, d’assimilation ou d’intégration pour former cette espèce que nous sommes aujourd’hui.
Une société ne peut être statique, elle ne peut qu’être dynamique, et cela pour sa propre survie.
L’immigration, même si elle répond à des impératifs économiques, on sait fort bien, qu’elle est aussi dictée par des attentes démographiques. Les États-Unis l’ont si bien compris qu’ils en font même l’étalage.
Le Canada ne peut pas être du reste. Son visage est en train de changer autant que celui de sa population. On n’en rencontre de toutes les couleurs, de toutes les cultures, et de nationalités différentes. La notion de race aujourd’hui n’existe pas, puisqu’il n’existe qu’une seule race, c’est la race humaine. De ces rencontres naissent des amours et des mariages, qui sont en train de donner un regard cosmopolite du pays.
La question de savoir, s’il est possible de vivre une relation harmonieuse ou facile avec une personne d’une autre culture, ne se pose souvent qu’en termes de stéréotypes et de préjugés, véhiculés toujours par des courants, des écoles de pensée sournoisement racistes. Cela n’exclut pas, des divergences (là ou il y a divergence, il peut aussi avoir convergence) dans ces rencontres, qui peuvent perturber certains rapports hérités non de l’intelligence mais du statu quo. C’est ce qu’on a souvent tendance à appeler le choc des cultures. Mais cela est souvent surmontable, quand on regarde l’autre avec les yeux du cœur, et de l’esprit. La meilleure communication, le dialogue, l’écoute et tant d’autres facteurs de respect et de compréhension feront le reste. D’ailleurs aucune vie de couple n’est facile. Il faut toujours travailler quotidiennement les rapports de couple, autant que les rapports humains, car rien n’est acquis d’avance. Tout se construit et se bâtit au fur et à mesure.
Des couples de même culture, peuvent avoir des appréciations différentes et conflictuelles, mais cela ne sera jamais jugé de la même façon, que si l’un des membres du duo est d’une autre réalité. L’étranger de Albert Camus, ou le survenant de Germaine Guèvremont peuvent en témoigner sur ce qu’est l’autre.
On s’enrichit toujours d’ailleurs au contact de l’autre. Les problèmes de couple doivent se régler en couple et non avec les yeux de la culture, de la religion ou de la nationalité. Le Québec de demain autant d’ailleurs que le monde, ne peuvent avoir d’avenir que dans le métissage. Rendons hommage au chantre de la francophonie et de la négritude le poète Léopold Sedar Senghor, qui disait que l’avenir appartient au métissage. La mixité c’est la mondialisation en miniature, c’est le prélude des changements de mentalité, et le métissage qui en résulte, la pierre essentielle pour bâtir l’humanité de demain.
Nul ne peut mieux exprimer la richesse de la mixité que l’auteur L. Sabbar. Son livre «le Fou de Sherazade» fait l’éloge de la mixité qui est pour lui plus que nécessaire. La mixité, comme le soulignait si bien Rachid Raïssi, est le déterminant commun de l’humanité. Le Québec ne peu plutôt que s’enorgueillir.
Commentaire de Julie Dufresne Voir le profil de Julie Dufresne

Le couple doit donc faire fi du regard souvent curieux des passants, des questions et de la curiosité quelque fois mal placée de l'entourage. Également, ce genre de relation demande une forme d'adaptation et une dose de subtilité afin de s'approprier les mœurs et coutumes de l'être aimé tout en conservant sa culture et ses valeurs propres.
Il faut être prêt à explorer des sentiers inconnus et faire preuve d'une très grande ouverture d'esprit lors de cette découverte. On n'a qu'à penser à la place que revêt la famille ou la religion, à la façon d'apprêter la nourriture, à la relation vis-à-vis de l'autorité ou encore à la consommation d'alcool qui diffèrent énormément, selon la culture ou la religion à laquelle on appartient.
Également, il ne faut pas faire fi de la place des médias qui joue un rôle déterminant dans la perception de la population face aux couples mixtes. Je pense par exemple à des films comme «Jamais sans ma fille» qui ont marqué l'imaginaire de beaucoup de femmes, notamment de celles qui sont mères ou encore aux films de Danny Laferière qui traitent souvent de la sexualité des hommes noirs et de la perception qu'en ont les femmes. À ce titre, les médias sont souvent le véhicule privilégié des préjugés.
Il reste que lorsque les différences culturelles sont trop importantes un des partenaires doit souvent faire de lourds compromis au niveau de ses valeurs ou de ses habitudes de vie afin d'être accepté au sein de la famille ou du groupe auquel appartient l'autre membre du couple s'il ne veut pas se retrouver isolé.
Je crois toutefois que, pour la majorité des couples mixtes, la découverte des différences culturelles n'amène qu'un peu de piquant à la relation et vient enrichir les connaissances réciproques des partenaires. Tout dépend de l'attitude des membres du couple, s'ils éprouvent de la fierté à être avec quelqu'un qui ne leur ressemble pas, de prime abord, la relation doit s'en trouver nettement facilitée.


















Commentaires
Sans amour… on ne peut rien faire… le coté difficile de la chose… CEST TOUJOURS DANS LE REGARD DE LAUTRE…les jugements etc.. ceux qui s'aiment , s,aiment tout simplement et veulent heureux un point final…
ECRIVEZ MOI: noelwaldens@hot mail.com Citer
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